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Communiqué de presse CGT PSA Mulhouse

1 emploi en CDI supprimé chaque jour à Mulhouse, depuis 16 ans !

Publié le 20 octobre 2016

1 emploi en CDI supprimé chaque jour à Mulhouse, depuis 16 ans : assez des sacrifices, les bénéfices doivent servir aux emplois !

La version « locale » du plan de suppression de 2 133 emplois à l’échelle du groupe PSA, prévoit d’en liquider 206 à Mulhouse : 124 congés senior (préretraites rémunérées à 70 % du salaire), et 82 « autres départs » - c’est-à-dire des salariés à qui l’on fait comprendre qu’il faudrait qu’ils aillent se trouver un emploi ailleurs. D’ailleurs, la direction ne cache pas qu’il pourrait y avoir plus de suppressions d’emplois que prévu, en fonction du nombre de « volontaires ».

La question n’est pas de savoir si des salariés sont volontaires ou non. Que ce soit sur les chaînes de production, en fabrication ou dans les bureaux, bien des salariés usés par le travail veulent légitimement pouvoir partir en congé senior, avant un âge légal de départ qui est sans cesse repoussé.

Ce que nous dénonçons, c’est le chantage permanent à l’emploi : les deux accords de compétitivité, baptisés NCS et NEC, ont été signés par tous les autres syndicats pour le deuxième (sauf la CGT), en présentant ces attaques contre les salaires et les droits des salariés comme une « nécessité » pour protéger l’emploi. Mais la réalité, c’est que ces accords servent à la direction à vider ses usines de leurs salariés.

À Mulhouse, l’usine comptait 12 000 CDI en l’an 2000. Nous sommes moins de 5 800 CDI aujourd’hui. 6 200 emplois supprimés, cela représente 1 emploi en CDI supprimé, chaque jour, depuis 16 ans ! Et cela sans compter les milliers d’intérimaires virés.

Et on nous explique qu’il faut faire des efforts : les salaires bloqués, les primes rabotées, les heures sup moins payées, les secteurs vendus à la sous-traitance, les cadences augmentées... pour la « pérennité » des emplois et de l’usine ? Pour la pérennité de leurs profits, oui !

Ce que nous dénonçons, c’est que ces départs ne sont pas remplacés, alors que la charge de travail ne diminue pas, bien au contraire. La production se situe à 54 véhicules/heure actuellement, et atteindra 58 à 60 véhicules/heure l’an prochain avec la nouvelle ligne EMP2, avec encore moins de salariés !

Ce que nous dénonçons, c’est que PSA nage dans les milliards, avec ses 2,4 milliards de bénéfices engrangés en 18 mois, mais qu’il leur faut une nouvelle « charrette » de suppressions d’emplois pour verser encore plus de dividendes à la famille Peugeot et aux actionnaires.

Ce que nous dénonçons, c’est que PSA a touché 200 millions d’euros en 3 ans de la part de l’Etat, au titre du CICE donc pour prétendument embaucher, mais que la direction du groupe continue de sabrer dans les effectifs.

Avec ce nouveau plan, ce sont près de 20 000 emplois qui auront été supprimés dans le groupe en France depuis début 2013. L’équivalent de plus de 3 usines comme Mulhouse, rayées de la carte !

Faut-il que les milliards de bénéfices aillent aux actionnaires, ou aux emplois ?

Pour la CGT, les 2,4 milliards de bénéfices engrangés depuis 18 mois doivent servir à maintenir l’emploi en embauchant un salarié en CDI pour chaque départ, et en embauchant les intérimaires qui travaillent déjà à l’usine !

Pour la CGT PSA Mulhouse, Julien Wostyn