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Politique

#JusticepourAdama

13 octobre. Manifestation pour Adama : le mensonge d’Etat doit cesser !

Ce samedi 13 octobre le collectif la vérité pour Adama organise une manifestation à Gare du nord après la dernière provocation de l’Etat et de ses institutions judiciaires. De fait, après deux ans de lutte et de mobilisation, le dernier rapport d’expertise médicale nie toute responsabilité des gendarmes dans la mort d’Adama. Face à ce mensonge d’Etat, soyons plus que jamais mobilisés pour obtenir justice et vérité pour Adama !

Une manifestation organisée en réponse aux mensonges d’Etat

Deux ans après la mort d’Adama Traoré le 18 juillet 2016, trois expertises plus tard, le quatrième rapport médical conclu qu’Adama serait mort d’une course sur 437 mètres en 18 minutes. Mort donc d’avoir couru trop longtemps sous la chaleur du mois de juillet. Une conclusion qui rentre en contradiction avec le contenu de l’expertise affirmant entre autres – contrairement à des expertises précédentes – qu’Adama ne souffrait pas de pathologie cardiaque et qu’il a bien subi une compression thoracique ayant aggravé son état asphyxique.

Ainsi, la nouvelle version est qu’Adama ne serait pas mort en raison d’une infection, d’un déficit cardiaque – comme l’affirmait de précédentes expertises -, mais suite à une course et au stress engendré par cette fuite sur son organisme. Une course qui aurait engagé son pronostic vital avant l’arrestation par plaquage ventral par trois gendarmes. Une façon, une fois de plus, d’expliquer qu’Adama en tentant de fuir un contrôle à faciès est le premier et unique responsable de sa mort. Et ainsi, d’exonérer les trois gendarmes qui par la technique du plaquage ventral ont – rappelons-le - maintenu Adama au sol, croulant sous le poids d’environ 250 kilos, plusieurs minutes, alors qu’il était dans l’incapacité de respirer, avant de l’abandonner menotté dans un coin.

La famille d’Adama en prise avec la justice depuis deux ans dénonce ces expertises contradictoires, incohérentes et mensongères qui ne pourront que servir d’appui pour les gendarmes, eux toujours pas entendus. Des expertises mensongères auxquelles s’ajoute l’acharnement judiciaire contre la famille Traoré dont cinq frères d’Adama ont été poursuivis et condamnés.

Une manifestation contre un Etat policier toujours plus renforcé

L’affaire d’Adama est, comme tant d’autres affaires, l’histoire d’une police qui dans les quartiers populaires abuse de ses pouvoirs, et exerce, à l’encontre principalement des jeunes, des violences verbales et physiques, qui vont parfois jusqu’à la mort.

Cette « histoire » là est bien gardée et protégée par l’Etat et ses institutions judiciaires qui n’ont jamais condamné les gendarmes, policiers, impliqués dans ces affaires. Le contexte de tensions sociales, économiques, dans les quartiers populaires est utilisé pour justifier une sur-présence policière, un armement démesuré et légitimer le recours à des arrestations violentes et ici à la technique du plaquage ventral. Les policiers ne seraient responsables de rien.

Cet énième mensonge dans l’affaire Adama est une provocation dans un contexte où les violences policières sont de plus en plus fortes dans les quartiers populaires et ailleurs, ainsi que systématiques dans les mobilisations sociales de ces dernières années (on ne compte plus les blessés graves, les arrestations arbitraires, et les condamnations). Un contexte dans lequel tous ceux qui commettent des violences policières restent systématiquement impunis : des responsables de meurtres policiers comme dans le cas d’Adama ou de Zyed et Bouna aux bras droits du gouvernement comme Alexandre Benalla « invité » à réprimer dans les manifestations du printemps 2018, aujourd’hui à des soirées mondaines avec des ministres.

Face aux mensonges d’Etat, au renforcement de l’Etat policier et de l’impunité policière, aux meurtres policiers, il faut une réponse à la hauteur dès aujourd’hui et ce samedi dans la rue.

Une manifestation politique de tous celles et ceux qui luttent contre les violences policières et le racisme d’Etat

Après avoir pris connaissance de cette dernière expertise, la famille d’Adama et ses soutiens ont immédiatement appelé à une manifestation ce samedi 13 octobre. Une manifestation pour continuer de marteler la vérité sur la mort d’Adama, pour lutter contre les expertises, les déclarations étatiques et médiatiques qui visent à disculper les gendarmes, et contre les violences policières. Pour qu’il n’y ait plus d’Adama.
Depuis la sortie de l’expertise de nombreuses personnalités médiatiques, Omar Sy et Mathieu Kassovitz, des rappeurs, Dosseh et MHD, des intellectuels comme Geoffroy de Lagasnerie, Edouard Louis, des collectifs comme Cases rebelles, ou encore des organisations politiques comme le NPA, dénoncent le mensonge d’Etat et ont appelé à la manifestation. Hier, avant la manifestation interprofessionnelle du 9 octobre, les cheminots mobilisés au printemps dernier contre le pacte ferroviaire, se sont réunis pour une Rencontre Intergares à Paris Nord et ont voté également leur participation à la manifestation.

Manifestons ce samedi pour que les mensonges d’un Etat qui se place toujours du côté de la police, dans l’affaire Adama et dans tous les autres cas, soient révélés et cessent une bonne fois pour toute !

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