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1500 personnes sans abri après l’incendie du camp de migrants de Grande-Synthe

Crédit Photo : PHILIPPE HUGUEN / AFP Dans la nuit de lundi à mardi, mille cinq cent personnes se trouvent sans abri après l’incendie qui a quasi-totalement ravagé le camp de migrants de Grande-Synthe (Nord)

Une rixe entre migrants Afghans et Kurdes serait à l’origine de l’incendie, selon le préfet du Nord Michel Lalande. La plupart des 300 chalets du camp de la Linière ont été emportés par les flammes, qui ont fait au moins une dizaine de blessés. Selon plusieurs témoignages, la discorde est venue de l’augmentation du nombre d’Afghans, arrivés après le démantèlement de la « Jungle » de Calais, à 40 km de là. Les Afghans étaient mécontents d’être parqués dans les cuisines collectives tandis que les Kurdes dormaient dans des chalets dont le nombre n’a pas été accru.

Les migrants ont été évacués du camp mais seulement entre quatre et cinq cents ont trouvé un hébergement d’urgence dans deux gymnases que la ville de Grande-Synthe a mis à disposition.

Ces incidents n’ont pas surpris le vice-président de l’Auberge des migrants, qui livrait des repas à Grande-Synthe. « Nos bénévoles nous disaient qu’il y avait des tensions depuis des semaines, liées à la surpopulation du camp », a-t-il relaté. « Depuis la fermeture de Calais, il n’y a pas de centre d’accueil sur la côte. Nous demandons la création de plusieurs centres d’accueil d’urgence, à dimension humaine », a-t-il dit. Ouvert en mars 2016, cet ensemble construit par Médecins sans frontières et la ville comptait 1 500 migrants, principalement des Kurdes irakiens, hébergés dans des abris en dur et non plus sous des tentes.

Face à cette grande détresse humaine, la candidate du FN a déclaré «  Ce chaos doit cesser. L’ensemble des campements de migrants seront démantelés après mon élection si les Français m’élisent à la tête de l’Etat… Pour l’heure, nous veillerons à ce que les migrants du campement de Grande-Synthe ne soient pas relocalisés dans des communes françaises comme ce fut déjà massivement le cas ces dernières années. » Selon Marine Le Pen, cette chasse aux migrants serait pour mieux s’occuper de « nos » Sdf. La candidate d’extrême droite cherche une fois de plus à nous jeter de la poudre dans les yeux, en pointant du doigt les migrants, alors que ce sont les grands capitalistes bien de chez nous qui sont les vrais responsables des inégalités accrues, des bases salaires, du chômage, de la précarité, et des violences policières nécessaires pour les imposer. C’est du côté des possédants qu’il faut chercher les coupables de cette situation, un camp représenté dans ces présidentielles aussi par d’autres candidats tels que Fillon et Macron, qui profitent, chacun à sa manière, des apparitions dans les médias pour distiller de la xénophobie anti-migrant, tout comme Donald Trump à l’autre côté de l’Atlantique, pour diviser notre camp. Ces migrants, nos frères de classe, fuient la misère et les guerres engendrées par ce même système.

Des solutions immédiates pour héberger les migrants et les sdf il y en a. A côté d’innombrables logements vides, des milliers de sdf et des migrants déambulent, condamnés à dormir dans la rue. Il faut réquisitionner ces logements vides, à commencer par ceux détenus par des capitaux bancaires à des fins spéculatives. C’est une mesure d’urgence capable d’honorer le droit fondamental de tout être humain à disposer d’un toit.

Une société qui se démontre incapable d’assurer ce droit minimal à la plus large majorité de la population, ne mérite que d’être révolutionné. Parce que nos vies valent plus que leurs profits.




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