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Jeunesse

A quelques jours de la rentrée universitaire

158 000 bacheliers encore dans l’attente : Vidal tente de justifier l’injustifiable

A quelques jours de la rentrée universitaire, Parcoursup demeure engorgé, et près de 158 000 bacheliers ne savent toujours pas où ils étudieront l’année prochaine. Une situation catastrophique que le ministère de l’Enseignement supérieur tente de masquer à tout prix…

Crédit photo : François Guillot. AFP

158 000 bacheliers encore dans l’attente

La rentrée universitaire approche, mais des milliers de bacheliers ne savent toujours pas où ils étudieront l’an prochain. Les premières conséquences de Parcoursup sont sans appel : au 22 août, près de 158 000 bacheliers étaient toujours dans l’incertitude. Plus de 95 600 ont en effet accepté une proposition, mais sont toujours en attente pour d’autres vœux, 15 500 n’ont toujours reçu aucune proposition d’affectation, alors que 47 000 bacheliers sont considérés « inactifs » sur la plateforme, une dénomination particulièrement floue dans laquelle de nombreux candidats ont été placés bien qu’ils se connectent quotidiennement sur le site.

A titre de comparaison, mi-août 2017, APB n’avait pas encore affecté 6 010 bacheliers. Cette catastrophe était évidemment prévisible et avait été anticipée par les milliers d’étudiants qui ont bloqué et occupé leurs universités au printemps dernier.

Renforcement de l’élitisme scolaire : les écoles privées se frottent les mains

Et le nombre de lycéens sur le carreau ne s’arrête pas là. En effet, d’après les chiffres officiels du gouvernement, 163 000 des inscrits sur la plateforme, soit 20%, ont quitté la procédure. Parmi eux, 90 000 ont raté leur bac, mais restent 73 000 lycéens qui ont disparu de Parcoursup. Alors que l’algorithme de Parcoursup donnait déjà avantage aux bacheliers les plus aisés, ceux qui n’ont pas eu de réponse se redirigent vers des écoles privées et contournent la procédure d’admission, un pas de plus vers le renforcement de l’élitisme scolaire et la logique de ségrégation sociale. Quant aux autres qui ont disparu de la plateforme, il est clair que beaucoup ont dû se décourager de l’enseignement supérieur. En effet, trouver un appartement et un emploi pour les étudiants étant obligés de se salarier pour pouvoir continuer à étudier, à deux semaines de la rentrée et alors qu’on ne sait même pas dans quelle ville on sera affecté relève de l’impossible.

Le gouvernement dans l’impasse de l’échec Parcoursup

Face à cet échec plus que cuisant, le ministère de l’Enseignement supérieur garde le cap de l’imposture. Dans un premier temps, la réaction fut de changer la présentation des chiffres en réduisant à deux colonnes l’avancée des résultats d’affection : une avec le nombre d’élèves « ayant reçu une proposition d’admission » et une autre avec les 15 000 bacheliers n’ayant reçu aucune proposition. Une façon de minimiser la catastrophe Parcoursup qui ne dupe personne… Dans l’impasse, le gouvernement a même proposé une aide financière pour les étudiants qui accepteraient d’être affectés loin de chez eux et dans des filières non-souhaitées.

De plus, la ministre Frédérique Vidal a expliqué d’abord sur France Inter puis par un tweet que : « Si #Parcoursup fonctionne plus lentement c’est parce que, contrairement à l’an passé, on accompagne, on écoute, on aide les candidats et cela prend du temps. ». Cette tentative de justification a fait bondir les milliers de jeunes qui stagnent dans l’incertitude à quelques jours de la rentrée, et les réactions se sont fait sentir sur les réseaux sociaux par ceux qui subissent depuis des mois la procédure opaque instaurée par la ministre qui renforce clairement les discriminations.




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