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Politique

Édito

16 novembre. Le verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Moins bien que le 12 septembre, mieux que le 19 octobre. La manifestation de ce 16 novembre n’entrera certes pas dans les annales, mais atteste d’une colère sourde contre le « président des riches », et ce malgré les atermoiements des directions syndicales.

Crédit photo : Reuters

Un « baroud d’honneur ? »

Mailly à Marseille, Martinez à Paris. Point de vue unité syndicale, et malgré la re-formation de l’arc intersyndical du printemps 2016, on a vu mieux. Les manifestations de ce 16 novembre, et ce malgré les déclaration du leader de la CGT, laisse à penser que les directions syndicales ont bel et bien préparé cette échéance comme un « baroud d’honneur » dans la rue.

En effet, il fait peu dire que les enseignements de 2016 sont loin d’être tiré par les hautes sphères syndicales. Aucun plan de bataille commun, autour de mot d’ordre rassembleur et transversaux aux différents secteurs du monde du travail et de la jeunesse et, surtout, une date qui arrive près d’un mois après la dernière échéance de rue. A ce niveau là, ce ne sont même plus des journées saute mouton : Martinez et Mailly, en grands innovateurs, viennent d’inventer les journées saute-troupeau.

L’échec cuisant des manifestations du 19 octobre dernier, qui laissaient transparaître une impréparation complète des confédérations, mêlée à une réelle grogne dans les bases militantes des syndicats, notamment chez FO et à la CFDT, avait poussé à cette date du 16 novembre. Moins de monde que le 12 septembre certes, mais bien plus que le 19, nous voici donc face à la question : Le verre est-il à moitié plein, ou à moitié vide ?

Cela dépend du point de vue. Cependant, une chose est certaine, c’est que si la mobilisation de ce 16 novembre peut être qualifiée de correcte au vue des coordonnées, ce n’est en aucun cas du fait des Martinez, Mailly et consort. Ce sont bel et bien les militants de terrain, les UL et UD combatives qui, malgré les vents contraires, sont parvenus à mobiliser les troupes, et ce malgré une réelle lucidité dans les cortèges sur l’impasse de la stratégie des journées isolées. Toutefois, et alors que la mise en œuvre des réformes risque d’entraîner des négociations dans les entreprises, ce signal de combativité d’une avant-garde laisse la porte ouverte à un rebond sur le terrain de la lutte des classes.

Se lever contre le dialogue social

La petite musique n’est pas nouvelle, elle risque de s’amplifier dans les jours à venir. La « necessité » de l’ouverture d’un réel « dialogue social » risque d’être le leitmotiv des directions syndicales. Une véritable trahison teintée du vernis faussement radical de la nécessité de « combattre sur tous les tableaux ». Non, les concertations et négociations avec le patronat et le gouvernement ne peuvent en aucun cas déboucher sur une issue positive pour les travailleurs et les classes populaires. Pour vaincre, il nous faut un plan de bataille frontal contre Macron, sa politique et son monde. La marche sur l’Elysée du 18 novembre, appelée par le Front Social, Solidaires et le NPA, devrait servir à l’ouverture d’une discussion au sein de l’avant garde mobilisée. Dans ce sens, et malgré les limites de l’appel, cet événement peut rassembler des secteurs qui veulent en découdre et poser la question de l’élaboration d’un vrai plan de bataille contre la politique de Macron.

D’autant plus que la stratégie de Macron, qui consiste à enchaîner les attaques pour paralyser la contestation, est à double tranchant. Elle peut avoir pour effet d’assommer les travailleurs, ou au contraire de pousser à la convergence des différents secteurs dans le viseur du « président des riches ». Jusqu’à présent, les directions syndicales ont incontestablement joué un rôle de frein pour la mobilisation. Mais la contestation à la base, ainsi que la volonté de se mobiliser pour renvoyer dans les cordes Macron et son mépris de classe qui suinte de tous les pores de sa peau, peut déboucher sur une alternative. Celle de la convergence à la base, par les AG interprofessionelles et la jonction dans la rue et sur les piquets entre les travailleurs et la jeunesse. Pour sur, Macron, qui vient de fêter ses 6 premiers mois de présidence, sait que sa marge de manœuvre est étroite. La possibilité que, tel un funambule, le président maintienne l’équilibre pour les 4 ans et demi à venir est, au vue de la colère palpable dans les classes populaires, plus qu’improbable.




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