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Politique

Extrême-droite

1er mai. Jean-Marie Le Pen et les fachos de la galaxie FN

Le noyau dur de l’extrême droite la plus réactionnaire était réuni pour le traditionnel défilé devant la statue de Jeanne d'Arc à Paris. Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du Front national, y a livré un discours xénophobe et nationaliste, comme à son habitude. Une preuve de plus que derrière l’entreprise de « dédiabolisation », les vrais fachos sont toujours bien présents dans la galaxie FN.

Le fondateur du FN était réuni avec les siens en ce lundi 1er mai pour son traditionnel discours au pied de la statue de Jean d’Arc. Entouré par la frange la plus radicalisée de l’extrême-droite raciste et patriotique, le président d’honneur du FN a prononcé un discours de 40 minutes qui reprend les thèmes fondamentaux du parti d’extrême-droite : immigration, sécurité et homophobie. Pour écouter son discours, tout le gratin de l’extrême droite la plus radicale, fasciste même, était réunie : des gens du Front libéré, le mini-parti créé par Philippe Chevrier après son exclusion du FN ; des militants du Parti de la France de Carl Lang, Alain Escada de Civitas, mais aussi la Dissidence Française, un groupuscule fasciste. Jean-Marie Le Pen compte d’ailleurs sur eux pour peser dans les comités « Jeanne, au secours ! » qu’il entend lancer pour la campagne des législatives.

Dans son discours, Jean-Marie Le Pen a fustigé l’immigration qu’il assimile à l’islamisme et au terrorisme, amalgame qui fait son fonds de commerce depuis plus de 40 ans. Les théories du changement de peuple, élaborées et diffusée par l’extrême-droite identitaire, ont été abondamment reprises. « Les milliers de mosquées », les « boucheries hallal » et la charia qui exercerait une pression constante sont créditées d’être à l’origine de « zones de non-droit » et du « remplacement » du peuple français dit « de souche ». Un étranger, pour lui : « S’il trouve un travail, il prend la place d’un national. S’il n’en trouve pas, ce qui est souvent le cas, il devient un assisté […] Ajoutez à cela le terrorisme. » Celui-ci a même répondu même à Emmanuel Macron en affirmant qu’être nationaliste, c’est d’abord et avant tout aimer les siens. Comprendre, et détester les autres.

Et l’ancien président du FN d’aligner les propositions les plus réactionnaires : rétablissement de la peine de mort et autorisation du port d’armes pour le côté autoritaire ; abrogation des lois mémorielles pour les négationnistes ; remise en cause de l’IVG et du mariage pour tous pour plaire aux homophobes et aux traditionalistes. Cela n’a rien de surprenant quand on sait que Jean-Marie Le Pen est arrivé à la tribune suivi par un cortège qui reprenait en cœur les slogans nationalistes de l’extrême-droite : « Bleu blanc rouge, la France aux Français », « L’islam hors d’Europe », « Les nôtres avant les autres », ou encore « Ni burqa ni charia ».

Ce 1er mai, Jean-Marie Le Pen a donc réaffirmé une ligne d’extrême droite dure mais non pour autant incompatible avec l’appel au vote, pour sa fille au second tour : « Il y a un choix patriotique, celui d’une mère de famille engagée pour son pays depuis des années. La France va la choisir comme chef de l’Etat. Ce n’est pas Jeanne d’Arc, mais elle accepte la même mission. Vive Jeanne, vive Marine, vive La France ». Preuve que la rupture affichée entre Marine Le Pen et son père n’est pas consommée. Car derrière l’entreprise de « dédiabolisation » officielle du parti pour permettre d’élargir son électorat, renforcée par sa récente qualification au second tour, le père, Jean-Marie Le Pen, continue d’assurer, en coulisses, le service après-vente auprès des franges les plus fascisantes de son électorat. Une utilité que Jean-Marie Le Pen tente d’utiliser pour peser plus à droite sur la campagne de Marine Le Pen, et de contrer la ligne Philippot qui s’est imposée depuis plusieurs années. Derrière ces manœuvres en coulisses, une certitude demeure : les fachos sont toujours les bienvenus dans la grande galaxie du FN et Marine Le Pen compte bien sur eux pour être élue au second tour.

Toutefois, une éventuelle victoire du FN ne signifierait pas le basculement vers un régime fasciste et la politique ultra-libérale proposée par Macron ne saurait être une alternative à cette poussée de l’extrême droite.




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