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Politique

la nuit des morts-vivants

1er tour du congrès du PS : sortie de crise ou impasse ?

Le parti socialiste joue gros jeudi en matière de crédibilité politique puisque sont appelés aux urnes quelques 102 000 militants d’un parti atone depuis bientôt deux ans. Le congrès du PS soumet à l’ensemble des militants quatre orientations défendues respectivement par Emmanuel Maurel, Olivier Faure, Luc Carvounas et Stéphane le Foll. Au delà du test politique, deux lignes politiques s’affrontent derrière les figures, la première, défendue par Carvounas et Le Foll, revendique l’héritage direct de Hollande, la seconde, incarnée par Maurel et Faure, entend ancrer davantage le parti dans l’opposition.

Discrédit et faible écho

Le premier obstacle auquel fait face le parti est le discrédit majeur et structurel dans lequel le quinquennat Hollande l’a jeté en pulvérisant littéralement le crédit de la ligne sociale-libérale défendue par le parti jusqu’ici. Il ne reste dès lors plus grand monde parmi les « éléphants » qui veuille se risquer à la difficile tâche de recoller les morceaux. Le parti se voit donc dans l’obligation de laisser les coiffeurs s’aligner au départ de cette course au pourtant prestigieux poste de premier secrétaire. Un sondage révèle en effet que 80% des personnes interrogées ne s’estiment pas en mesure de décider qui des quatre candidats est à leur yeux le plus sérieux prétendant au poste, faute de les connaitre suffisamment. Ce relatif anonymat dans lequel se déroule l’une des échéances centrales d’un parti qui a été, des décennies durant, l’un des deux piliers du bipartisme cinquième républicain est largement dû aux politiques pro-patronales et antisociales menées par les gouvernements Hollandiens. Crise dans laquelle tous les partis sociaux démocrates européens sont plus ou moins enlisés, à de rares exceptions près, du fait de la crise mondiale qui polarise les rapports de classe.

Deux alternatives aux airs d’impasse politique

A ce premier obstacle s’ajoute un autre : le caractère très peu convaincant des deux grandes alternatives proposées. La première, plus à droite, qui revendique l’héritage de Hollande entend jouer la carte de la responsabilité politique, assumant la ligne sociale-libérale au nom d’un prétendu réalisme politique. Fort est à parier qu’à ne pas tirer les leçons des années passées au pouvoir, le PS ne parvienne pas à sortir la tête de l’eau avec une telle orientation, d’autant plus que le terrain est déjà plus que largement occupé par le parti présidentiel. D’autre part, la ligne défendue par Maurel et Faure, revendiquant l’opposition comme modalité d’existence politique, a de fortes chances de se heurter à l’émergence bien plus avancée de la France insoumise d’autant plus que la stratégie de cette dernière semble être davantage celle de l’hégémonie que de la gauche plurielle.




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Benoit Hamon   /    PS   /    Politique