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Politique

Justice pour Adama

2 000 personnes pour les 1 an de l’assassinat d’Adama Traoré par la gendarmerie

Il y a un an Adama Traoré mourrait tué par la gendarmerie à Beaumont-Sur-Oise. Une année de lutte pour sa famille et les soutiens pour obtenir justice et vérité sur l'affaire. Une année de lutte contre les violences et l'impunité policières ainsi que l'acharnement judiciaire qui s'est abattu sur la famille Traoré. Ce samedi 22 juillet ce sont 2 000 personnes qui défilent à Persan : on n'oublie pas, on pardonne pas.

La famille d’Adama Traoré a appelé à une manifestation ce samedi à Beaumont-Sur-Oise pour continuer à réclamer justice et vérité pour Adama. Ce sont près de 2 000 personnes qui sont venues au rendez-vous. Une journée de manifestation un an après la mort d’Adama Traoré tué dans les mains de la gendarmerie.

« Il faut savoir qu’en un an pour la famille Traoré il y a eu un mort et trois frères en prison ». Assa Traoré, la soeur d’Adama, engagée dans la lutte pour la justice pour son frère, ainsi que sa mère, d’autres membres de la famille, des proches ont organisé une conférence de presse devant la mairie de Persan où, comme Assa Traoré le rappelle, tout a commencé : la découverte de la mort d’Adama dans des conditions atroces et la recherche du corps que les forces de police refusent de leur rendre. Cela marque le début d’un combat incessant pour obtenir que justice soit faite, pour faire reconnaître qu’Adama n’est pas mort d’un accident cardiaque mais bien assassiné par une police qui réprime et tue dans les quartiers populaires.

Depuis, tout a été fait pour que la vérité n’éclate pas, pour que l’affaire soit enterrée. Assa Traoré est intervenue pour revenir sur le déroulement des évènements depuis la mort d’Adama, sur tout ce qu’ils ont traversé mais aussi pour dire leur colère, dire que le combat continue, qu’il ne s’arrêtera pas tant que justice ne sera pas faite.

Depuis le 19 juillet dernier, l’affaire d’Adama Traoré est devenue une affaire d’Etat. Assa Traoré, les proches et militants présents ont rappelé face aux médias, très nombreux à être venus au rendez-vous, la répression scandaleuse qui s’abat contre la famille et les proches d’Adama. La répression également qui s’est abattue sur Boyenval depuis la mort d’Adama. Et notamment à chaque fois qu’un rassemblement est organisé. En amont de l’évènement d’aujourd’hui, la police a donc installé déjà depuis plusieurs semaines un climat de peur et de terreur, jusqu’à emprisonner des jeunes de Boyenval la veille de la manifestation. Le jour même ce sont des dizaines de policiers armés qui sont présents mais se tiennent à distance de la manifestation, pendant qu’un drone plane dans le ciel. Un service d’ordre a été organisé par les proches. A la gare de Persan Beaumont des fouilles systématiques ont été organisées.

Vers 14h30, ce sont donc quelques milliers de personnes, qui ont débuté la marche. Une marche encadrée et animée par le comité de soutien qui lance des slogans pour exiger justice et vérité pour Adama mais également pour la libération des prisonniers : "Justice pour Adama ! Libérez Bagui ! Libérez Dooms ! Libérez Yacouba !" et "Zyed, Bouna, Théo et Adama, on n’oublie pas, on pardonne pas !".

C’est aux cris de "Pas de justice, pas de paix", organisés derrière une banderole où l’on peut lire "halte aux meurtres et aux mensonges d’état. Vérité et justice pour Adama", que la marche se dirige vers l’hôtel de ville de Beaumont-Sur-Oise où les attendent des escadrons de la gendarmerie. "Gendarmes, assassins" scandent les manifestants, puis "Nathalie Grout, assassin" pointant la responsabilité de la maire de Beaumont sur Oise dans les obstructions au combat pour établir la vérité.

Avec une dignité et une combativité impressionnante, Assa a ensuite procédé à une reconstitution poignante de la scène ayant conduit à la mort d’Adama asphyxié sous le poids de 3 gendarmes, désignant le bureau de tabac devant lequel Adama avait pris la fuite, puis l’appartement où il s’est réfugié avant d’être rattrapé par les gendarmes.

La journée pour la commémoration des 1 an de la mort d’Adama s’est poursuivie par un banquet sur le terrain de foot de Boyenval et des prises de parole de la famille Traoré et de familles de victimes de violences policières. Une mise en scène des plaquages centraux meurtriers pratiqués par les forces de répression contre les jeunes des quartiers a capté l’attention des présents. La famille Traoré a remercié l’ensemble des soutiens en insistant sur le rôle de la solidarité dans la lutte pour obtenir vérité et justice pour Adama et tous les autres. "Tous ensemble, on sera plus forts. Dans quelques années on pourra se rappeler qu’on a mené un beau combat, une belle révolution", a conclu Assa.




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