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Politique

Réchauffement de la contestation

20 000 manifestants en marge de la COP21 à Paris

Laurent Fabius a beau se lancer des fleurs au sujet de la « grande réussite » qu’aurait été la COP21, nombreux sont celles et ceux qui n’ont pas marché dans la combine, bien au contraire. Venus des quatre coins de France, d’Europe et au-delà, ce sont 20 000 personnes qui se sont mobilisées samedi 12, tout au long de la journée, à la veille de la clôture de la Conférence climat du Bourget.

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Le rendez-vous l’était, à 9h30, samedi, pour inscrire à travers dix-neuf chaînes humaines, en trois points de la capitale, les mots climate, justice et peace. Une façon de dire, d’entrée de jeu, que les manifestants mobilisés n’étaient pas dupes des fausses discussions qui se tenaient, au même moment, au Bourget, pour faire rectifier telle ou telle parenthèse et virgule alors qu’il y a, réellement, urgence climatique.

La mobilisation se poursuivait, par la suite, au niveau de l’Arc de Triomphe, avenue de la Grande armée. Il s’agissait de l’action décidée et maintenue par l’aile la moins modérée de la Coalition climat, un réseau d’organisations, de syndicats et d’ONG impliquées dans les questions de lutte contre le changement climatique et dont l’implication a été fortement redimensionnée en raison de l’entrée en vigueur de l’état d’urgence après les attentats du 13 novembre. En déployant une longue banderole rouge, les manifestants entendaient symboliser la « ligne rouge » que les négociateurs venaient de franchir avec l’accord et rendre hommage, par une minute de silence, à l’ensemble des victimes du réchauffement climatique.

Dernier moment, au Champ-de-Mars. C’est là que la plupart des manifestants s’étaient donné rendez-vous au cours de l’après-midi. Avec 20 000 personnes (6 500 selon la police qui avait déployé… 2 000 agents), le message lancé était on ne peut plus clair. Au micro, les prises de parole qui se succédaient faisaient pour la plupart référence au cynisme des gouvernements, mais également à leurs contradictions : l’ensemble de ces grands projets inutiles par exemple, dont le gouvernement à fait son cheval de bataille, à commencer par l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Tout avait été fait, par la Préfecture, pour éviter que ne soit perturbé le grand-messe climatique de Fabius et Hollande. Les poids-lourds au sein de la Coalition climat, qui sont sans doute également ceux qui posent davantage la question en termes de « lobbying » et de « pression à mettre sur les gouvernements », ne souhaitaient pas poser la question de la justice climatique, des moyens pour l’imposer et, sans oublier, de l’état d’urgence. Dans les faits, néanmoins, c’est bien ce qui était en jeu. C’est bel et bien une ligne rouge qui a été franchie par la COP21. À charge de notre classe, à commencer par ses organisations, de concrétiser la façon de porter un combat nécessaire et impératif contre le changement climatique qui soit efficace et tangible, reliant urgence écologique et urgence sociale et politique, la seule façon pour poser la perspective d’une large mobilisation du monde du travail et de la jeunesse, les premiers intéressés à ce que ce système qui marche sur la tête et joue avec l’avenir de la planète soit radicalement transformé.




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