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Politique

Grèves et manifestations dans toute la France

22 mai : Point d’étape de la mobilisation dans la fonction publique

Ce mardi 22 mai, les fonctionnaires, aux côtés des étudiants, des lycéens et des cheminots, sont à nouveau descendus dans la rue pour s'opposer à la réforme du gouvernement qui promet une casse du statut des fonctionnaires avec, entre autre, la suppression de 120 000 emplois et le recours accru aux contrats précaires. À mi-journée, cette mobilisation unitaire et nationale s’annonce comme une réussite, plus suivie que celle du 22 mars.

Crédits photo : Eric FEFERBERG / AFP

Ce 22 mai, plusieurs milliers de fonctionnaires ont répondu à l’appel des 9 organisations syndicales nationales – une position unitaire que l’on avait pas vu depuis 2010 – et sont descendus dans la rue pour défendre leur statut et le service public, menacés par la politique antisociale du gouvernement.

En cette mi-journée, contrairement aux pronostics du ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer, qui estimait ce matin que « la mobilisation devrait être faible », celle-ci semble d’ores et déjà être une réussite nationalement. Cette dernière est en effet plus suivie que les deux premières journées de mobilisation des fonctionnaires, le 10 octobre et le 22 mars dernier, en termes de participation aux manifestations et de débrayages plus importants.

Alors qu’entre 130 et 140 manifestations étaient programmées partout en France, plus de 3000 fonctionnaires et d’autres secteurs présents en défense du service public se sont réunies dans les rues du centre-ville de Rennes, de Montpellier, de Saint Etienne et de Brest. A Lyon, ils étaient plusieurs milliers. Plus de 2000 personnes ont manifesté à Caen, mais aussi à Saint-Brieuc, au Mans, à Angers et à Clermont-Ferrand. Des chiffres en hausse pour nombre de ces villes, hormis Lyon. Les chiffres de Paris et de plusieurs autres villes où les manifestations se terminent plus tard ne sont pas encore tombés.

Les débrayages ont également été plus suivis, avec de nombreuses perturbations dans les écoles, les crèches, les cantines scolaires, mais aussi les transports, avec la présence de travailleurs d’Air France et également de cheminots à cette journée de mobilisation. Une présence des cheminots qui aurait par ailleurs pu être plus massive si les organisations syndicales du rail, autre que Sud Rail, avaient appelé à se mettre en grève et se joindre aux fonctionnaires.

Aux côtés des fonctionnaires, ce sont également des milliers d’étudiants et de lycéens qui sont descendus aujourd’hui dans la rue. Ainsi, à Paris, 5 à 6 lycées au moins ont été perturbés, avec des barrages filtrants, en soutien aux fonctionnaires mais aussi pour protester contre Parcoursup, qui attribuera aujourd’hui à une partie des lycéens – ceux ayant les meilleurs dossiers, originaires bien souvent des classes les plus aisées – une affectation pour l’année prochaine, signant le début de la sélection qui va s’abattre sur les lycéens et laisser sur le carreau nombre d’entre eux.

Une convergence qui prend tout son sens, face à un ennemi commun qui, que ce soit dans le domaine de la santé, de l’éducation, des transports, est en train de casser le service public et d’infliger aux travailleurs et à la jeunesse des conditions de travail et d’études de plus en plus précaires.

Cette nouvelle journée de mobilisation démontre une nouvelle fois que, la colère contre la politique du gouvernement ainsi que la volonté de se battre sont bel et bien présentes. Cependant, face à un tel rouleau compresseur de réforme et la stratégie du bulldozer de Macron, il est primordial de s’accorder rapidement autour d’une stratégie à même de le faire reculer, afin que ces journées de mobilisations qui témoignent de la colère et de la combativité du monde du travail et de la jeunesse ne soient pas ponctuelles, isolées, vaines et sans lendemain.




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