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Notre classe

Édito

22 mai. Une journée qui doit être un point d’appui pour une mobilisation générale contre Macron

Ce 22 mai, une journée de mobilisation nationale dans la fonction publique est appelée par l'intersyndicale. Une date à laquelle s'est rattachée une partie des cheminots. Alors que le gouvernement n'offre que le mépris et la matraque à la mobilisation, cette date du 22 apparaît comme la clé pour durcir la mobilisation contre Macron et ses attaques.

Emmanuel Macron s’est lancé, depuis le début de son quinquennat, dans un enchaînement de bataille frontale contre les travailleurs et la jeunesse. Conscient de sa faible assise sociale, et d’une détestation des classes populaires qui a gagné une partie de son électorat, Macron joue à fond la carte du « bulldozer », pour sidérer toutes les contestations. Avec un objectif clair : combler le « retard » en terme de réformes néo-libérales du capitalisme français, qui démontre déjà ses limites. Et de ce point de vue, la date du 22 est une occasion clé pour durcir le mouvement face à Macron.

A commencer côté cheminots, qui tiennent aujourd’hui entre leurs mains la suite du quinquennat à venir. Une défaite du gouvernement pourrait compliquer la donne, notamment sur les dossiers brûlants : la réforme de la sécurité sociale et des retraites. Or, le plan de grève perlée lancée par l’intersyndicale montre aujourd’hui toutes ses limites et donne des idées à l’UNSA et la CFDT qui marchent dans le jeu des négociations avec un gouvernement pourtant inflexible. Pas sûr cependant que les quelques miettes cédées au Sénat suffiront à vendre la grève. Mais ce scénario est un argument clé pour durcir la mobilisation dans le contexte actuel, et comme le demande des cheminots de plus en plus nombreux, à l’image des grévistes de Paris Nord qui ont voté une "semaine noire" du 22 au 29 mai.

Autre secteur chaud : l’éducation qui devrait se mobiliser largement ce jour où les résultats de la nouvelle plateforme Parcoursup, qui instaure officiellement la sélection à l’université seront connus. Une occasion pour tous les étudiants mobilisés depuis plusieurs mois contre la loi ORE de descendre dans la rue. Mais aussi lycées et collèges, professeurs et élèves compris, de faire entendre une colère jusqu’ici sourde mais pas moins importante. Un appel à la grève qui concerne également les travailleurs de la santé dont les conditions de travail se dégradent chaque jour de plus en plus. Et auquel il faut rajouter de nombreux autres secteurs : les crèches, l’énergie, Pole Emploi, Météo France, La Poste.... ou encore les syndicats de contrôleurs aériens et la Fédération FO Transports et Logistique qui appellent à soutenir la mobilisation.

Cette longue liste en dit long sur la colère grandissante contre la politique néo-libérale de Macron, qui touche de nombreux secteurs de travailleurs comme l’exemple du « non » au référendum d’Air France ou la sympathie à l’égard du mouvement des cheminots en témoigne. Ce qu’il manque aujourd’hui, c’est un plan d’ensemble, proposant une stratégie qui apparaisse comme « valant la peine » de se mobiliser pour gagner, au niveau des mots d’ordre comme des modalités d’actions et de mobilisation, et allant vers une réelle convergence entre les secteurs mobilisés aujourd’hui, pour entrainer de nouveau secteur dans la bataille contre Macron. Un plan de bataille qui pourrait commencer par l’unification du calendrier et du programme des différents secteurs qui veulent en découdre, aujourd’hui très éclatés. En ce sens, on peut regretter le refus d’appeler la grève de l’intersyndicale du rail - à l’exception de Sud Rail - ce 22 mai. Des cheminots en bataille depuis plusieurs mois rejoints par une fonction publique qui se bat contre la même logique de casse du service public, cela aurait eu un sens et aurait été l’occasion de durcir le mouvement. Et aurait pu montrer qu’il est possible de défaire Macron.




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