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29 ans, morte asphyxiée sur la chaîne

Publié le 26 avril 2016

Encore une mort scandaleuse comme nous en avons tant dénoncé entre nos pages. Celle-ci se passe à la frontière belge, à Neuve-Église, dans l’usine de frites surgelées Clarebout Potatoes.

Camilla Ernst

Alison avait 29 ans, le samedi 9 avril, quand son foulard s’est fait happer par le tapis roulant de la chaîne d’emballages des frites, sur laquelle elle travaillait en tant qu’intérimaire. Elle est morte asphyxiée, laissant derrière elle deux enfants. Si le parquet a dénoncé les conditions de travail déficientes, il n’en a pas moins libéré l’usine dès le samedi soir, sans aucune restriction, et le travail a repris dès le lendemain. Pas le temps pour le recueillement, la production avant tout !

Ce n’est pas le premier accident à déplorer dans cette usine de 200 salariés. En septembre 2015, un incendie parti d’une friteuse avait emporté une partie du matériel et 15 salariés avaient été asphyxiés. En janvier, un ouvrier a été sérieusement brûlé. Et début avril, c’est dans l’usine jumelle, sur le site de Warmeton, qu’un autre incendie s’était déclaré. Ces drames, ainsi que les multiples dangers environnementaux que cause l’usine, le collectif de défense de l’environnement de Deûlemont, village français frontalier, s’applique à les dénoncer, notamment au Ministre de la Santé belge, sans plus de succès. Pas étonnant ! De Volkswagen à Airbus, des usines aux chantiers, les exemples d’entreprises où les patrons méprisent la sécurité et la santé de leurs salariés, dans leur course aux profits, sont nombreux. Ici, l’accumulation des faits révèle le manque évident de considération pour ces questions.

Tant que les entreprises seront aux mains de patrons ne cherchant que le profit et le salaire exorbitant qu’ils pourront en tirer, les conditions de travail des employés continueront à être toujours plus précarisées, entre effectifs minimaux, surcharge de travail, et mépris des règles élémentaires de sécurité, jusqu’à mettre leur vie en danger. Et les velléités de protestation muselées par des contrats en intérim ou en CDD. C’est en redonnant aux salariés le contrôle de leur propre production que la sécurité, la santé et le bien-être au travail pourront redevenir des sujets prioritaires et correctement intégrés dans les budgets. D’ici là, tous ensemble nous continueront à crier dans la rue, contre les patrons et toutes les lois comme celle sur le travail qui précarisent nos existences, que « Nos vies valent plus que leurs profits » !