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Pérou. 3 000 mineurs en grève illimitée

Samedi 15 avril, plus de 3 000 personnes ont battu le pavé dans les rues de la ville portuaire d’Ilo, située au sud de Pérou, en soutien des mineurs de Southern Copper Corporation qui mènent une grève illimitée depuis le 10 avril dernier.

Lors de l’assemblée générale du dimanche 9 avril, plus de 2300 adhérents du Syndicat Unifié de la Southern ont voté la grève illimitée. Celle-ci porte sur quatre revendications principales, telles qu’une plus grande redistribution des bénéfices aux travailleurs, l’amélioration des services médicaux, la fin de l’espionnage des travailleurs de la part de l’entreprise et la réintégration de syndicalistes licenciés. La grève a mis à l’arrêt les mines de Toquepala et Cuajone ainsi que la fonderie Ilo dans le sud du pays.

Southern Pérou fait partie de Grupo Mexico, qui est connu pour ses violations de la liberté syndicale au Mexique et aux États-Unis. Les travailleurs péruviens ne vont pas laisser l’entreprise leur infliger le même sort », a déclaré Fernando Lopes, qui explique pourquoi les mineurs demandent la réintégration du secrétaire général du syndicat, Jorge Campos, licencié arbitrairement fin 2016.

L’entreprise a produit 900.000 tonnes de cuivre en 2016, soit 21,1% de plus qu’en 2015. Cependant, le syndicat indique que les travailleurs ont reçu entre 13.000 et 16.000 soles (environ 4.000 dollars) de redistribution des bénéfices après avoir perçu 40.000 soles (environ 12.300 dollars) l’année précédente lors du partage de 2015. D’où la demande d’une augmentation de la part des bénéfices versés aux mineurs.

A la grève illimitée entamée le 10 avril par les 2300 mineurs du Syndicat Unifié de la Southern, s’est joint mercredi 12 avril le Syndicat de travailleurs de l’unité d’extraction de Toquepala, qui regroupe 700 travailleurs. Cette unité syndicale est totalement inédite, et encourage fortement les travailleurs des trois principales unités de mineurs ainsi que d’autres salariés, qui n’avaient pas fait de grève illimitée depuis plus de 30 ans, à se mettre en grève.

Les grévistes comptent aussi sur l’appui de leurs familles, organisées à partir d’une commission de femmes, qui participent à des initiatives diverses pour soutenir la grève. « Nous sommes venues de Toquepala, Cuajone et Ilo, pour être ici à vos côtés avec nos enfants, pour défendre les droits des travailleurs et de l’écosystème » a affirmé une représentante du comité de femmes lors du meeting de clôture de la manifestation.

Le patronat de l’industrie minière veut faire peser sur les travailleurs les couts de la diminution de la demande chinoise de métal rouge depuis 2013, comme c’est le cas au Chili, avec le rallongement de la journée de travail, un tour de vis dans la répression syndicale mais aussi à l’installation de caméras et détecteurs de mouvement pour espionner les travailleurs.

La grève des mineurs de plus de 40 jours à l’Escondida au Chili, celle de 3 semaines à Cerro Verde au Pérou, les manifestations des travailleurs brésiliens contre les réformes du gouvernement putschiste de Temer ainsi que la grève générale du 6 avril en Argentine, semblent annoncer que la classe ouvrière d’Amérique latine commence à se mettre à nouveau en mouvement.




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