Politique

Nos vies, pas leurs profits

300 personnes au meeting Poutou. La candidature du candidat ouvrier et anticapitaliste est lancée.

Publié le 24 novembre 2016

Ce jeudi 24 novembre se tenait le meeting de lancement de la candidature du NPA aux élections présidentielles de mai 2017. Au moment du dernier débat de la primaire de la droite, où sont omniprésents les discours réactionnaires, la candidature d’un ouvrier anticapitaliste est une véritable bouffée d’air frais.

Correspondants

La bourse du travail de Saint-Denis était presque pleine ce jeudi soir pour venir écouter Philippe Poutou, candidat du NPA aux élections présidentielles. Devant les 300 personnes présentes, le meeting a commencé par l’intervention de représentants du collectif des habitants du 168 avenue président Wilson à Saint-Denis, obligés de dormir dans la rue depuis leur expulsion il y a plus de 2 mois. Une intervention qui a permis de lancer un meeting placé sous le signe de la dénonciation de la misère, du racisme, des guerres et de la contre-offensive nécessaire qu’il nous faut construire ensemble.

A la tribune, plusieurs intervenants se sont succédés. Christine Poupin, porte-parole du NPA, est revenue à l’occasion de la COP22 qui se tient à Marrakech sur le désastre climatique que nous promettent ceux qui gouvernent. David, enseignant à Colombes, l’un des initiateurs du mouvement « Touche pas à ma ZEP », a raconté la lutte qui anime les lycées et les collèges, en région parisienne et ailleurs contre un gouvernement loin d’avoir fait de l’éducation sa « priorité » comme il l’avait prétendu. Armelle est revenue sur le bilan d’une année d’un état d’urgence qui fut bien largement utilisé pour réprimer. Face aux violences d’Etat qui nous touchent tous, du meurtre d’Adama Traoré cet été à la volonté initiale d’infliger 9 mois de prison ferme aux syndicalistes de Goodyear, elle a rappelé qu’il était temps de faire corps tous ensemble, de reprendre la rue et confiance en nos forces. Enfin, une intervenante kurde est revenue sur la guerre menée par le dictateur Erdogan contre les kurdes et la condition des femmes, qui ne fait que s’empirer dans ce contexte réactionnaire en Turquie.

La parole a ensuite été donnée à Philippe Poutou, ouvrier chez Ford et candidat du NPA pour les présidentielles. Il a rappelé qu’il n’y avait rien à attendre pour notre camp social de la primaire de droite qui se déroulait en ce moment, ni de celle du PS, pas plus que de la candidature de Macron. Tous, quelles que soient leurs nuances, ne savent que préparer toujours plus d’attaques contre nos droits. Il a aussi épinglé la candidature du FN, soi-disant « antisystème », mais qui est en réalité bien intégré et au service de la bourgeoisie, et tout aussi pourri que les autres.

Celui-ci est ensuite revenu sur le désastre du quinquennat Hollande qui, main dans la main avec les patrons n’a fait qu’attaquer les droits des travailleurs, des jeunes et des classes populaires pour toujours plus de misère et de chômage. La politique impérialiste du gouvernement était aussi à l’ordre du jour. A l’extérieur, soutien aux dictatures et bombardements, à l’intérieur, traque et politique racistes contre les migrants. Contre cela, une seule solution : la liberté de circulation et d’installation pour tous.

Un réquisitoire qui a permis de dresser un constat : partout dans le monde, la guerre et la misère ne font qu’augmenter pendant que les capitalistes se remplissent les poches, à l’image des 62 personnes les plus riches qui détiennent autant que la moitié de la population mondiale. « De l’argent, il y en a », la question, c’est de savoir comment aller le chercher. C’est le sens de la candidature de Poutou, non pas se faire des illusions sur la possibilité de changer le système par les élections, mais permettre de construire la contre-offensive dans la rue. Quelques mois seulement après la mobilisation contre la loi travail, à l’heure où les résistances sont nombreuses mais isolées, la candidature du NPA doit nous permettre de reprendre confiance dans nos forces pour que tous les exploités et les opprimés construisent le parti dont notre classe a besoin pour affronter les capitalistes. Une candidature combative donc, à l’image de ce meeting car, comme l’a rappelé Poutou, dans cette période réactionnaire, « le seul vote utile, c’est le vote anticapitaliste, contestataire ».