Genres et Sexualités

Les députés de droite réactionnaires en première ligne !

40 ans après la loi Veil, l’avortement fait (encore) débat !

Publié le 1er décembre 2016

L’Assemblée nationale a adopté, ce jeudi, en première lecture, la proposition de loi du gouvernement visant à pénaliser les sites de "désinformation" sur l’IVG, et ce malgré l’opposition de la droite.

Kasia Razowski

A l’Assemblée nationale était débattu hier la proposition de loi prétendant étendre « un délit d’entrave numérique à l’IVG » aux sites internets. Ivg.net , Afterbaiz ou encore ecouteivg sont des sites, d’apparences officielles où de fausses informations sont véhiculées. Le but est de dissuader les femmes d’avorter, en s’appuyant principalement sur des témoignages où l’intervention c’est mal passé ou en exagérant et en généralisant certains risques. En voici un exemple « L’Interruption Volontaire de Grossesse est un acte médical encadré, qui comporte des risques médicaux et psychologiques » - ivg.net. Ces informations biaisées cherchent également à faire culpabiliser les femmes ou à rendre l’idée de l’opération traumatisante.

Cette proposition de loi du gouvernement a fait face à une opposition massive, notamment de l’Église, qui a fait part de son désaccord à travers une lettre écrite par le président de la conférence des évêques de France à François Hollande, où il demande de contrer ce projet de loi. Appuyé par l’évêque de Marseille, l’UMP et l’extrême droite qui parle « d’une atteinte grave aux principes de la démocratie ».

Alors que l’avancement pour que les femmes soient libre de disposer de leur corps n’est toujours pas suffisant, les courants réactionnaires brandissent « la liberté d’expression » et la « démocratie » pour défendre des idées qui sont l’apanages des régimes les plus autoritaires. Ces sites prodiguent des conseils qui ne sont que la mise en pratique de l’idéologie des mouvements pro-vie, bien loin des attentes des femmes qui viennent rechercher de l’aide.

Gauche ou droite en 2017, l’IVG toujours protégé ?


Mais ne nous méprenons pas sur les intentions du gouvernement, qui à 6 mois des présidentielles, compte bien redorer le blason du PS, déjà en pleine décomposition. En ce sens, les propos de Marisol Touraine (actuelle ministre des Familles) et de sa collègue Laurence Rossignol montrent qu’elles ne défendent pas réellement la liberté des femmes à faire leur choix, de les laisser disposer de leur corps : « Nous ne sommes pas contre l’existence de sites de propagande anti-IVG ». L’IVG est une avancé, qui permet l’interruption d’une grossesse (ce qui notons-le, n’est pas une décision facile) ; mais l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) n’est pas l’obligation de celle-ci. Une propagande anti-IVG n’est donc pas nécessaire sauf lorsqu’on souhaite revenir à un contrôle du corps et de la vie des femmes, autrement dit, à un système patriarcale.

En ce qui concerne la droite, la porte-parole de François Fillon, Véronique Louwagie (député-maire de l’Aigle), ne se prononce pas sur le sujet, mais reprend les propos du nouveau candidat présidentiel de la droite et déclare qu’« il est hors de question de revenir (sur l’IVG), idem pour le mariage pour tous. Mais notre candidat veut davantage protéger l’enfant adopté ». Or cela reste encore à voir, vue de toutes les mesures traditionalistes que le candidat de l’UMP compte prendre s’il est élu. Notamment sur la sécurité sociale qui permet aujourd’hui d’être remboursé de 100% des frais de l’avortement, seulement à travers une assurance maladie.

Une chose est sur, ce sera par nos propres moyens, la lutte et en s’unissant face à ce système d’exploitation et d’oppression, que les femmes feront entendre leur voix et inverseront le cours des choses.