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Notre classe

Coca-Cola licencie à Socx

40 familles laissées sur le carreau par la multinationale aux bénéfices colossaux

La multinationale Coca-Cola à annoncé un PSE (Plan de Sauvegarde de l'Emploi) dans ses usines françaises. Ce sont 128 emplois sur les 2600 que compte le groupe en France qui vont être supprimés, dont près d'un tiers pour la seule usine de Socx dans la région Nord ! Les salariés se sont immédiatement mis en grève contre ce PSE qu'ils estiment à raison totalement injustifié.

La ville de Socx est connue pour abriter sur son territoire la plus grande usine du groupe CCEP (Coca-Cola European Partners) de France. C’est dans cette usine que mercredi dernier 18 Octobre, la direction a annoncé le PSE à ses employés. Les raisons invoquées par la direction sont les changements d’habitudes de consommation qui seraient à l’origine de la chute de 17% du volume de production de l’usine. L’usine veut donc arrêter une ligne de production de boisson gazeuse pour la remplacer par une ligne de production de boisson à base de thé, une ligne au passage plus moderne et qui nécessite moins d’employés pour la faire tourner.

100% de grévistes, blocage des grilles, voilà la réponse des travailleurs !

Or, les employés de l’usine ne sont pas dupes, comme nous le dit Franck Vanhelst, délégué CGT à l’usine Coca-Cola de Socx : « Ce PSE vient du fait d’une erreur stratégique de notre haute hiérarchie qui a fait un PSE en 2012/2013 sur les emplois commerciaux . Ils pensaient que le Coca se vendrait tout seul grâce à sa position de force sur le marché. La société annonce aujourd’hui une baisse des volumes de 4 % ainsi qu’une perte de chiffre d affaire de 38 millions par an depuis 2013 (on est passé de 1 Milliard 836 millions à 1 milliard 798 millions) et tout ceci malgré nos nombreuses remarques concernant l’absurdité de leur PSE à l’époque ». Les travailleurs décident alors de partir en grève dès le lendemain, afin de mettre en place le rapport de force pour les futures négociations. Ce sont ainsi près de 100% des employés qui se mettent en grève, avec blocage des grilles de l’ usine. Ce chiffre de quasi 100% est exemplaire pour sauver les 10% d’emplois menacés sur le site.

Pour essayer de contourner la grève, la direction a usé de stratagèmes mensongers, comme d’essayer de faire rentrer un camion sous le prétexte que c’était une livraison de machine-outil. Comme on peut le voir sur les photos ci-dessous, après inspection par les grévistes, il s’est avéré que le camion-remorque était vide et devait probablement servir a sortir des produits de l’usine pour être livrés. Le stratagème, n’a pas marché.

Un groupe qui licencie alors qu’il se gave de bénéfices

Si nous regardons les chiffres d’un peu plus près, on voit bien que Coca-Cola, malgré une perte de volume de production en France, ne perds pas d’argent, bien au contraire ! Car si le chiffre d’affaires à baissé de 38 millions depuis 2013 sur le territoire, il faut le mettre en parallèle des presque 2 milliards prévus pour le groupe en 2020, contre 1,8 milliards en 2016. Le groupe CCEP table ainsi sur une croissance de +3% par an en volume et en valeur d’ici à 2020. Le chiffre d’affaires par salarié passant de 817 000€ en 2016 à 830 000€ en 2017 ! Les actionnaires ne sont pas en reste non plus puisque cette croissance à généré une augmentation de 360% de leurs dividendes en 2016. Dans ces conditions, comment ne pas trouver cynique et scandaleuse la suppression de 128 postes sur le plan national, dont 40 à Socx ?

Rappelons enfin que ce PSE est une conséquence directe des ordonnances Macron qui facilitent le licenciement économique. Alors qu’auparavant un groupe devait justifier de difficultés à l’échelle mondiale pour pouvoir licencier, c’est maintenant seulement sur le chiffre d’affaires et le volume de production en France que le groupe doit justifier de difficultés. Un groupe en parfaite santé à l’échelle mondiale peut ainsi tout à fait licencier en France. Déjà inscrit dans le projet de loi El-Khomri puis abandonné face aux mobilisations de 2016 et à la fronde d’une partie du PS, l’article de loi est finalement passé par Macron et ses ordonnances.

Ce Plan de « transformation » visant à liquider à minima 128 postes touche plusieurs sites en France. On peut ainsi citer le cas du site de Pennes Mirabeau comptant 212 salariés et qui s’apprête par ce PSE à licencier 25% de ses employés. Comme on a déjà vu dans tant de cas de fermetures d’usines ou de licenciements massifs, c’est à chaque fois un désastre social. Combien de divorces ? De dépressions ? De suicides ? Et dans quel but ? Rajouter du bénéfice au bénéfice d’actionnaires déjà bien plus riches que le commun des travailleurs...

La lutte est loin d’être terminée

Cette grève était depuis le début pensée comme une grève limitée dans le temps, sur 3 jours, afin de montrer à la direction que les employés étaient prêts à défendre leurs emplois et les conditions du PSE dans les négociations qui commencent ce 20 novembre et dureront 3 mois : « Les collègues sont très motivés, si les négociations ne donnent rien nous repartirons en grève et en débraillage pour avoir un fort impact sur la production » nous dit Franck Vanhelst. En attendant, les salariés continueront de montrer à la direction que ce sont eux qui ont la main sur la production : « Le mot d’ordre actuel est de produire sans prendre de risques en respectant les règles et consciencieusement, c’est-à-dire avec un bon coup de frein à main pour avoir un impact sur la prod et continuer à prouver à notre direction que nous ne lâcherons rien et que tout le monde est prêt à réagir à chaque instant ».




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