Monde

Al-Sissi réprime violemment toute opposition

5 ans de prison ferme pour 152 personnes ayant manifesté contre le gouvernement en Égypte

Publié le 16 mai 2016

152 personnes viennent d’être condamnées à de la prison ferme en Égypte pour avoir participé à des manifestations non autorisées, contre le gouvernement en place. La plupart d’entre elles ont écopé de peines de 2 à 5 ans d’emprisonnement. Ainsi, le régime du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi, né dans le reflux des processus révolutionnaires du Printemps arabe, poursuit sa politique ultra-autoritaire et liberticide.

Ivan Matewan

Tout a commencé le 25 avril. De nombreuses manifestations étaient prévue ce jour-là en Égypte contre le régime actuel, sa politique répressive et la dégradation des conditions de vie. Fidèle à son image, le gouvernement avait massivement déployé des policiers et des soldats pour boucler tous les quartiers de la capitale où des manifestations devaient se tenir, dans un souci de « protéger la sécurité et la stabilité des institutions ». Dans les jours précédant la journée nationale de mobilisation, la police avait entrepris une série de rafles préventives dans les milieux des mouvements d’opposition avec l’objectif de réduire les cortèges à peau de chagrin.

Malgré le dispositif répressif important, des dizaines de personnes ont courageusement tenté de tenir leur rassemblement au Caire. La police a rapidement dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogènes, créant un véritable chaos. C’est ainsi que la police a procédé à l’interpellation et à l’arrestation d’au moins 168 personnes, le plus souvent au hasard.

Les interpellés ont tous été accusés d’avoir participé à des manifestations sans autorisation et à des attroupements illégaux. Samedi 14 mai, le tribunal du Caire a condamné 51 d’entre eux à deux ans d’emprisonnement. Plus tard le soir, 101 autres étaient condamnés par un autre tribunal à cinq ans d’emprisonnement. En effet, un décret présidentiel de 2013 interdit toute manifestation ou rassemblement qui n’a pas été expressément autorisé par le ministère de l’intérieur.

Les organisations du mouvement social dénoncent un gouvernement arbitraire et autoritaire, qui écrase toute opposition, y compris par des procès express, des peines d’emprisonnement lourdes ou même des peines de mort. Les condamnés comptent faire appel, selon leurs avocats.

De quoi avoir, peut-être, inspiré Hollande dans sa fuite en avant autoritaire, si on regarde les dernières évolutions de sa politique répressive, notamment avec les interdictions « préventives » de manifestations en cours de distribution.