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Notre classe

Le cauchemar du gouvernement

50 ans après mai 68, les étudiants et travailleurs manifesteront ensemble le 22 mars

Le 22 mars prochain, étudiants et cheminots se mobiliseront ensemble. Une manifestation commune qui, 50 ans après 1968, ne peut pas manquer de réveiller le spectre de la convergence entre étudiants et travailleurs.

De la mobilisation contre la sélection à la mobilisation des travailleurs

Les étudiants sont mobilisés depuis janvier contre le plan Vidal. Lancée dans un premier temps par les enseignants-chercheurs organisés notamment au sein de l’Association des Sociologues de l’Enseignement Supérieur, le mouvement a été rapidement rejoint par les étudiants qui ont montré leur détermination dès le 1erfévrier, première journée de grève. Depuis, les assemblées générales dans les universités ont réuni plusieurs milliers d’étudiants, de Bordeaux à Rennes en passant par Toulouse, Poitiers, Nantes ou Paris. Si la mobilisation n’a pas encore pris un caractère massif, le 22 mars pourrait constituer un tournant dans le mouvement.

Du côté des cheminots, la mobilisation commence face à la publication du rapport Spinetta et la menace sur l’avenir du rail qu’il constitue. Constamment attaqués, les cheminots combatifs n’entendent pas laisser le gouvernement mettre à mort leur statut. Le 22 mars, ils rejoindront donc les salariés de la fonction publique pour défendre leurs droits.

Le spectre d’une convergence entre étudiants et travailleurs

La date du 22 mars apparaît donc comme un potentiel tournant dans le quinquennat de Macron. Après une pluie d’attaques restées sans réponse massive, l’hégémonie du président semble commencer à vaciller. Division de la majorité autour de la politique anti-migrants du gouvernement, scandale des conditions de vie dans les EHPAD, ministres accusés dans des affaires de viol, le président apparaît moins jupitérien que jamais.

Dans ces conditions, une convergence entre les étudiants, les cheminots et les fonctionnaires pourrait avoir des conséquences profondes. Rien n’effraie plus le gouvernement que le spectre d’un nouveau mai 68. Face aux attaques répétées du gouvernement qui cible tous les acquis du mouvement ouvrier, de la loi travail XXL au Plan étudiants en passant par la réforme de l’assurance-chômage ou des retraites, si un mouvement part, il risque de durer.

Hormis 68, l’histoire des victoires du mouvement social est émaillée de convergences entre les étudiants et les travailleurs. En 1986, l’imminence d’un mouvement des cheminots avait pu accélérer la décision du gouvernement de retirer le projet de loi Devaquet instaurant la sélection, signant ainsi une importante victoire du mouvement étudiant. En 1995, la mobilisation des travailleurs de la fonction publique et des cheminots, rejoints par les étudiants, provoquait le mouvement social le plus important depuis mai 68 et aboutissait à une victoire. En 2006, la journée du 7 mars où les étudiants mobilisés contre le CPE étaient rejoints par les lycéens et les travailleurs, notamment de la SNCF, constituait un tournant de la mobilisation qui allait mener au retrait du CPE.

Une journée à préparer pour stopper le gouvernement

Le 22 mars 2018 peut être l’étincelle qui mettra le feu aux poudres de la contestation contre le gouvernement Macron. Dès aujourd’hui, les étudiants et les travailleurs doivent activement préparer cette date et construire la mobilisation en mettant en place des cadres d’auto-organisation dans toutes les universités et les lieux de travail. La convergence entre les étudiants et les travailleurs peut ouvrir la brèche permettant de mettre fin au flot incessant d’attaques menées par le gouvernement. Dans un contexte d’exacerbation de la lutte des classes, le départ d’un mouvement pourrait enclencher un cycle de mobilisations de l’ampleur de celui qui, en mai 68, a permis aux étudiants et aux ouvriers de passer tout près d’une révolution.

Crédits photo : AFP




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