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Pire que le TAFTA, Tisa !

50 pays signent en secret un traité encore plus antidémocratique et néolibéral que le TAFTA

Publié le 5 février 2016

Juan Chingo

Selon le quotidien espagnol Publico, Wikileaks a révélé des aspects des négociations pour un accord ad hoc entre les grandes corporations qui met à mal les régulations nationales et la discussion parlementaire.

Si la signature du TTPA (Trans-Pacific Partnership Agreement) avait déjà soulevé beaucoup de questions quant à la forme peu transparente avec laquelle il avait été discuté, le nouveau Trade in Services Agreement (Tisa), représenterait encore un saut dans l’opacité de sa préparation et dans son contenu en faveur des entreprises. Le quotidien espagnol se demande : "Le traité secret de libre commerce TAFTA entre Etats-Unis et l’UE paraissait imbattable en termes de Cheval de Troie des multinationales. Mais en réalité, c’est quasiment un écran de fumée qui cache la véritable alliance néolibérale planétaire : le Trade in Services Agreement (Tisa), un accord encore plus antidémocratique d’échanges de services entre une cinquantaine de pays... qui non seulement se négocie dans le secret le plus absolu, mais prétend même rester classé, c’est-à-dire opaque au public, pendant les 5 ans suivant son entrée en vigueur, et tout ceci bien qu’il conditionnera 68,2% du commerce mondial de services".

Selon les documents originaux qu’a fait fuiter Wikileaks, l’objectif des négociations est d’éviter toute régulation parlementaire sur le fonctionnement du traité, qui englobera les télécommunications, le commerce électronique, les assurances, les transports et les finances.

Il s’agit des pays fondateurs de l’Organisation Mondiale du Commerce qui suivent les dessins de Washington : ce sont eux les acteurs du plan en cours. Par ses caractéristiques et son contenu, il rappelle le célèbre documentaire The Corporation, qui en 2003 avait dénoncé le comportement des grandes multinationales qui gouvernaient le monde en le comparant à celui d’un psychopate.

Beaucoup de jurnalistes dénoncent déjà que l’accord viole y compris la Convention de Vienne sur la Loi des Traités qui établit la participation de divers acteurs (parlementaires, ONG, experts, etc.) dans l’élaboration de ce type d’accord.
Les pays impliqués dans les négociations sont l’Australie, Chili, Canada, Corée du Sud, Colombie, Costa Rica, Etats-Unis, Hong Kong, Israel, Islande, Japon, Liechtenstein, Mexique, Nouvelle Zélande, Norvège, Pakistan, Panama, Paraguay, Pérou, Suisse, Taiwan, Turquie et la Commission Européenne qui représente toute l’eurozone.

Ls textes de la négociation secrète du Tisa montre qu’il prétend éliminer tous les contrôles et obstacles pour la libéralisation globale des services financiers, supprimant toute restriction à ses produits innovants, alors que ce fut précisément ce type d’invention financière, comme les dérivés ou les Credit Default Swaps (authentiques paris sur une faillite future), qui amplifia les traits les plus catastrophiques de la crise économique et financière mondiale qui explosa en 2007/2008.

Comme l’écrit Publico : "Le plus sarcastique du contenu du Tisa est peut-être l’exigence de transparence totale aux autorités nationales, qui devront annoncer par avance et soumettre à discussion toute régulation ou norme qu’elles se préparent à appliquer, assurant ainsi que les multinationales et grands lobbies commerciaux aient du temps et des ressources pour contrecarrer, modifier ou même empêcher ces décisions souveraines en fonction de leurs intérêts".
Comme nous le voyons, ces traités prennent en compte les moindres exigences de Wall Street et de la City de Londres, tout comme les intérêts des grandes corporations multinationales, pour qui le traité non seulement n’a rien de secret mais est leur propre création.

Face à cette Sainte Alliance réactionnaire des grands capitalistes des pays impérialistes, qui à son tour impose ses buts aux gouvernements laquais de nombreux pays semicoloniaux, les travailleurs des divers pays concernés devons nous unir au-delà de nos frontières contre le pouvoir de cette poignée d’oligopoles capitalistes qui n’a aucun scrupule pour défendre ses intérêts de classe.

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