^

Notre classe

Rassemblement réussi devant le Tribunal de Versailles

500 travailleurs en colère, en soutien aux 9 militants CGT de PSA Poissy menacés de prison

La répression à laquelle font face 9 militants CGT de l’usine PSA de Poissy est ni plus ni moins qu’une attaque scandaleuse contre le droit syndical, qui vise à faire taire l’ensemble des travailleurs qui relèvent la tête contre l’exploitation patronale. C’est ce qu’ont dénoncé les 500 travailleurs venus depuis toute la France manifester leur soutien aux ouvriers de Poissy devant le tribunal correctionnel de Versailles ce jeudi.

La colère ouvrière était palpable à des centaines de mètres à la ronde ce jeudi matin, dans la ville du Roi soleil, dont les rues étaient barrées par les forces de police, tout autour du tribunal où passaient à la barre 9 ouvriers de PSA Poissy. Et pour cause, comme l’ont rappelé de nombreuses interventions, la menace de prison avec sursis qui pèse sur ces militants CGT est une attaque contre tous les travailleurs combatifs, face à laquelle la solidarité de classe est notre seule arme. C’est précisément cette solidarité sans faille qu’ont exprimé les nombreuses délégations ouvrières qui ont répondu à l’appel du comité de défense des libertés ouvrières et syndicales à PSA, sous les étiquettes syndicales de la CGT mais aussi Solidaires ou la CNT, de différentes usines PSA mais également d’autres boîtes de la métallurgie, des cheminots, des postiers et d’autres travailleurs en proie à la répression patronale, comme Loïc de la compagnie Jolie Môme, qui passe en procès le 30 novembre. Des personnalités syndicales et politiques comme Gérard Filoche, Nathalie Arthaud (LO), Philippe Poutou (NPA), Pierre Laurent (PCF), Eric Coquerel (LFI), Clémentine Autain (LFI) et Frédéric Lordon avaient également fait le déplacement.

Les faits reprochés, remontant au mois de février 2017, sont aussi délirants que les 5 mois de prison avec sursis requis à l’encontre des ouvriers : une supposée séquestration d’un chef, qui rappelle les procès de la chemise du DRH d’Air France ou des anciens salariés de Goodyear. Les militants CGT avaient en réalité interpelé un chef d’équipe dans son bureau, en défense d’un salarié de retour d’arrêt maladie dont les droits étaient bafoués. Suite à la plainte déposée par la direction de PSA pour « séquestration et violences psychologiques en réunion », ils avaient fait 9 heures de garde-à-vue, avant d’être convoqués au tribunal correctionnel. En juillet dernier, Farid Borsali, secrétaire du syndicat, avait été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 2 600 euros de dommages et intérêts, malgré la forte solidarité qui s’était exprimée.

L’avocate des salariés Marie-Laure Dufresne-Castets a dénoncé un « dossier vide » et les mensonges de certains témoins. Pour elle, la criminalisation syndicale à l’œuvre ne fait pas l’ombre d’un doute : « ils sont de la CGT, donc ils sont coupables ». La décision du tribunal a été mise en délibéré, pour un jugement attendu le 20 décembre.

Avant l’audience, Rachid l’un des 9 salariés poursuivis, est intervenu avec beaucoup d’émotion, saluant la forte solidarité qui ressortait du rassemblement :

Les nombreuses interventions qui ont suivi se sont accordées à dénoncer la répression toujours plus forte qui sévit dans les entreprises et notamment dans les usines PSA, pour mater toute contestation face aux attaques patronales qui pleuvent sur les salariés : baisse des effectifs en CDI au profit d’une précarité toujours plus grande et de conditions de travail toujours plus dégradées. « Tavares veut casser le syndicat, démoraliser le syndicat. Il sait qu’on ne baissera pas la tête avec les méthodes classiques. Alors Tavares se dit qu’il va nous faire passer en tribunal, voire nous mettre en prison. Mais jamais nous ne baisserons la tête », a souligné Jean-Pierre Mercier, avant de poursuivre : « Tavares nous prépare beaucoup plus que ça. Il a dans les cartons la baisse des salaires du travail de nuit... C’est pourquoi il veut liquider les organisations syndicales. Notre combat, c’est non seulement le soutien aux camarades, mais aussi la défense du syndicalisme même. »

Mathieu Devch est intervenu pour la CGT Cheminots de Versailles, venu avec une délégation 35 cheminots en grève :

Philippe Poutou a insisté sur la nécessité de reconstruire le rapport de force : « on sait se défendre contre les reculs sociaux. On doit faire peur au patronat et au gouvernement. Quand on voit ce rassemblement aujourd’hui, on voit que c’est possible de construire le tous ensemble » :

L’absence de Philippe Martinez a été quant à elle dénoncée fermement par le secrétaire CGT de PSA Valenciennes, Cédric Brun, dont l’intervention a été largement applaudie :




Mots-clés

CGT   /    PSA   /    Automobile   /    Répression   /    Notre classe