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Politique

Un vent de contestation ?

55% des français se disent « mécontents » de Macron

Le président des riches et son premier ministre voient leur cote de popularité chuter depuis quelques semaines. Les résultats d’un récent sondage montrent que plus de 50% des français se disent « mécontents » d’Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe. Les contradictions du président élu il y a moins d’un an, ainsi que de son gouvernement, commencent à faire surface.

La victoire d’Emmanuel Macron en mai dernier a notamment été rendue possible à la fois par la rupture de masse qui s’est opérée avec le Parti socialiste, suite au mouvement contre la loi travail du printemps 2016, ainsi que par la crise au sein des Républicains autour des scandales qui ont rythmé la campagne de leur candidat, François Fillon. À cet effondrement des deux partis traditionnels bourgeois s’est ajouté le spectre du FN qui a permis à Macron de remporter l’élection, mais au prix d’une base sociale fragile. Cette élection « par défaut » pouvait notamment être éclairée par le faible pourcentage de personnes qui disaient avoir voté pour lui par conviction, mettant donc de côté le « barrage au FN » et le taux d’abstention record.

Et alors que depuis quelques mois Macron réussissait à maintenir une cote de popularité au-dessus de 50% et à faire passer des réformes détruisant les acquis sociaux des travailleurs, à l’image de la Loi Travail XXL passée par ordonnance à l’automne 2016 qui malgré la désapprobation de la majorité de la population n’avait pas suscité de mouvement de masse, quelques fissures commencent à se faire sentir. En effet, le sondage mensuel d’Ifop publié par le Journal du Dimanche a révélé cette semaine que Macron a perdu 6 points dans les sondages en février avec 55% des interrogés qui estiment être « mécontents » et que la tendance est la même pour Edouard Philippe pour qui le mécontentement s’évalue à 50%.

Cette baisse de popularité est notamment le résultat de mouvements naissants dans plusieurs secteurs, et du vent de contestation qui se fait de plus en plus ressentir contre les attaques qu’est en train d’opérer le gouvernement. Un des aspects symptomatiques est la xénophobie d’Etat qui s’exprime à travers sa politique répressive anti-migratoire qui en vient même à déranger certains députés LREM. De même, la colère qui commence à gronder chez les lycéens, étudiants et professeurs contre le Plan Vidal, la lutte des EPHAD ou la publication du rapport Spinetta qui promet la casse du statut de cheminot sont autant d’éléments qui pourraient être l’étincelle pour cristalliser les nombreuses colères contre le gouvernement et commencer à inverser le rapport de forces.




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