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550 réfugiés du camps de Grande Synthe, près de Dunkerque, expulsés par la police

C'est un nouvel épisode répressif contre les migrants qui a été mené, ce jeudi 6 septembre, à Grande Synthe près de Dunkerque. Ainsi, ce sont 550 réfugiés qui ont été expulsés par la police.

Crédits photo : La voix du Nord

Jeudi 6 septembre a débuté l’évacuation du campement de migrants de Grande-Synthe, appelée aussi la petite Jungle, par sa proximité à l’ancien camp de Calais, évacué en 2016. Selon les autorités, environ 550 personnes y vivaient, et « l’évacuation s’est déroulée dans le calme ». Le sous-préfet de Dunkerque a déclaré à l’AFP qu’il s’agissait de l’exécution d’une décision du TGI de Dunkerque, datant du 7 juin 2018, quant à atteindre l’objectif d’éviter la constitution de « nouveaux points de fixation » devenant ensuite des « bidonvilles » sur les côtes de la Manche, notamment en mettant en exergue pour se justifier « pour des raisons de sécurité, d’insalubrité et de trouble à l’ordre public ».

C’est à partir de 2015, que dans le sillage de la grande Jungle de Calais, des migrants arrivent à Grande-Synthe. Démantelé régulièrement par les forces de police, 406 migrants avaient déjà été évacués le 24 mai, 336 le 11 juin, et 200 le 6 août. Un bon nombre d’entre eux vivait dans un gymnase municipal qui avait été ouvert en décembre 2017 puis fermé en mai. Damien Carême, maire d’Europe Ecologie les Verts depuis 2001 de la commune en question, a qualifié cette politique de « nécessaire mais pas suffisante », alors qu’il s’agit de la « neuvième opération de ce type depuis avril 2017 »

Les autorités ont séparé les migrants entre une moitié des personnes évacuées qui a été « mise à l’abri vers des centres d’accueil », et une autre qui « a été prise en charge par des policiers pour l’examen de leur situation, éventuellement placés en garde à vue et pourront se voir délivrer une obligation de quitte le territoire », a précisé la préfecture. Une quarantaine de mineurs isolés auraient aussi été pris en charge et orientés vers des centres d’accueil.
Philippe Eymery, président du groupe RN (ex FN) dans la région, qui avait déposé une plainte cette semaine contre le maire notamment pour « aide à l’implantation illégale de migrants », s’est félicité de cette évacuation, y voyant « une vraie victoire politique » pour l’ex Front National.

Face aux politiques réactionnaires du gouvernement et les discours xénophobes de l’extrême droite, il est indispensable de réaffirmer une solidarité totale avec les réfugiés, et de revendiquer la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous.




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