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Politique

Où est la « violence » ?

58 000 salariés au chômage technique : la faute aux Gilets Jaunes ?

D’après la ministre du Travail Muriel Pénicaud, les Gilets Jaunes seraient responsables de la mise au chômage technique de près de 58 000 employés, ainsi que de l’état de crise économique dans lequel se retrouve la France. Un énième mensonge visant à faire reposer sur les Gilets Jaunes les responsabilités de la crise, déclaration relayée avec entrain par les principaux médias.

Photo : AFP

« C’est aussi un des effets de la violence. Cela fragilise l’emploi et nos petits commerces, cela m’inquiète beaucoup » a déclaré Muriel Pénicaud.

Lorsqu’il s’agit de violence, on peut dire sans hésitation que les membres du gouvernement n’ont qu’à balayer devant leur porte. Comme pour les violences dans les manifestations, celles-ci seraient dues, d’après eux, exclusivement aux Gilets Jaunes, mais en aucun cas à la police qui gaze, matraque, et mutile à tour de bras. Ici, Muriel Pénicaud va jusqu’à blâmer les Gilets Jaunes d’être responsables des conséquences de leur propre politique économique !

C’est la crise qui a créé les gilets jaunes, pas l’inverse.

Si le mouvement des Gilets Jaunes s’est lancé, c’est bien en réaction aux effets de la politique ultra-libérale de Macron : d’abord contre l’impôt injuste qu’est la taxe sur le carburant, mais ensuite contre toute une série de mesures anti-sociales jusqu’à la contestation générale d’un système anti-démocratique. C’est un combat contre la précarité qui s’exprime et contre les mesures d’austérité qu’appliquent Macron et son gouvernement au service des plus riches. Evidemment que les Gilets Jaunes cherchent à avoir un impact économique et à imposer un rapport de force sinon comment se faire entendre de ce gouvernement si méprisant à l’égard des travailleurs ? Les magasins et commerçants concernés par cette baisse de fréquentations, pour la plupart, sont ceux des beaux quartiers, attirant touristes et bourgeois, terrorisés par les images de violences projetées en boucle par les grands médias.

« 58 000 salariés sont menacés d’activité partielle/chômage technique par les violences. L’enjeu maintenant est de sauvegarder leur emploi. Mon ministère consacre 32M€ pour les aider. 92% des demandes viennent des PME-TPE (commerce, construction, artisanat..). Stop aux violences ! ». La première chose que Pénicaud oublie de préciser, c’est que ces 32 millions n’iront pas directement aux salariés… mais bien aux patrons de ces entreprises. Comme tous les cadeaux que ce gouvernement fait au patronat, aucune garantie n’est exigée pour avoir droit à cette donation.

Pourtant, Pénicaud prétend défendre les emplois.

La ministre du Travail a bon dos de prétendre protéger les travailleurs du chômage L’ensemble de ses réformes, et notamment la loi « avenir professionnel » vont au contraire de la sens de la fragilisation les emplois en permettant d’autant plus l’abus de CDDs et des heures supplémentaires par les entreprises.




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