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Culture et Sport

Keny Arkana, Damien Saez, HK...

7 mai. Ces artistes qui sont « Ni Le Pen, Ni Macron »

C'est dans une ambiance bien différente à celle de 2002 que le Front National est présent au second tour des présidentielles. Si le discours dominant des hommes politiques, intellectuels et artistes va dans le sens d'appeler à « faire barrage au FN » le 7 mai, d'autres voix se font entendre qui, sans nier le caractère profondément réactionnaire de la candidate d'extrême-droite, ne font pas confiance à Emmanuel Macron pour en être l'alternative.

Jeudi soir, un concert était organisé sur la place de la République contre le Front National et pour réagir à sa présence au second tour des élections présidentielles, appelé par une trentaine d’association, dont SOS Racisme, la FIDL, Emmaüs... Voulant rejouer l’ambiance de 2002, les organisateurs avaient invité une brochette de stars : Jane Birkin, Féfé, Pete Doherty... Mais le succès n’a pas été au rendez-vous, conduisant de nombreux journalistes à parler ouvertement d’un flop. De la même manière, et même si un certain nombre d’artistes et d’intellectuels ont pris position pour l’appel au vote Macron contre Marine Le Pen – notamment dans cette tribune du Monde - les réactions à la présence de l’extrême-droite au second tour sont loin d’être unanimes en faveur du « front républicain ».

Petit tour d’horizon de ces artistes qui, sans appeler ouvertement à l’abstention, refusent de se ranger derrière le pseudo « barrage au FN » que serait Emmanuel Macron.

HK « assigné à résistance »

Le chanteur, connu pour l’hymne qu’il a pu donner à de nombreuses manifestations (« On lâche rien ») a refusé de se joindre au concert organisé à République, et a répondu via sa page Facebook en repostant sa chanson, « Assigné.e.s à résistance ».

Keny Arkana appelle à les « dégager »

La chanteuse a publié une nouvelle chanson pendant l’entre-deux tour, intitulé « Dégagez !! ». Rappelant que « l’extrême droite n’a rien d’anti-système » et qu’elle est « synonyme d’extermination » et « parti des nazis », elle dénonce aussi « les énarques », « les oligarques » et « 15 ans de propagande d’intolérance ». Elle appelle « le peuple de France » à se relever et à dégager « financiers » industriels » et « droite extrême ».

Damien Saez enterre son « Fils de France » pour appeler à la lutte

Sa chanson « Fils de France » https://www.youtube.com/watch?v=GPj1ozBHKPM était devenue en 2002 un hymne des manifestations anti Le Pen. A l’époque, le chanteur en appelait à la devise française et à « la nation des droits de l’homme » pour résister face au Front National. Sans appeler ouvertement au vote pour Jacques Chirac pour le second tour, le contenu très républicain de la chanson résonnait comme tel : « Y’a ces drapeaux qui flottent et ses hymnes dessus / Et puis y’a toi mon frère, oui toi qui n’y croit plus (…) Honte à notre pays / Revoilà l’ennemi ».

En 2017, le contenu de la chanson du deuxième tour de Damien Saez a bien changé. « Toujours le cœur contre le front / Moi j’ai le poing levé ». Loin de l’hommage à la résistance républicaine, l’artiste publie sa chanson la veille du 1er mai, pour un titre qui fait appel à la lutte, pour « cramer la financière » et « pendre le banquier ».

La Canaille contre la « répugnante république »

Le rappeur répond à ce second tour par un pamphlet contre la République et ses mensonges. « Gueule de vache, gueule de flic », « dis-moi comment voter pour toi ? »

A n’en pas douter, avec le candidat banquier, le front républicain a du plomb dans l’aile.




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