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Société

Violence policière

8 points de suture après un coup de matraque à la tête. Le témoignage de Romain, gilet jaune

« On m’a demandé de retirer mon gilet jaune si je voulais être pris en charge ». Romain, 35 ans, est chauffeur routier dans une compagnie belge. Il fait partie des nombreux manifestants en gilet jaune blessés par la violente répression policière samedi dernier à Paris.

Habitant dans un petit village du Nord-Pas-de-Calais, Romain était venu manifester sa colère à la capitale samedi dernier, aux côtés de milliers de gilets jaunes. Il n’avait plus manifesté depuis l’époque où il était étudiant, mais cette fois-ci la hausse du carburant a été la goutte de trop. Il ne s’attendait pas à finir la journée à l’hôpital Cochin, après un coup de matraque qui lui a valu 8 points de suture à la tête. Choqué par cette violence policière, il s’est rapproché de notre rédaction pour raconter ce qu’il avait vu ce jour-là.

« Nous sommes arrivés en covoiturage le samedi matin. Puis, nous nous sommes rendus en métro Gare de l’Est. Nous avons pris un café en face pour juger un peu le terrain. Rien à dire. Nous nous sommes rapprochés des événements, jusqu’à une espèce de place ou d’avenue, difficile à dire. Il y avait une barricade d’un côté et un cordon de forces de l’ordre de l’autre (hommes, canons à eau...). Tout se passait au mieux, les gens circulaient librement. Quand ils ont verrouillé le secteur sans prévenir, tout le monde y est passé : les canons à eau se sont mis en route, et là, j’ai vu comme beaucoup (et c’est ce qui a fait déclencher le tout) des gens comme vous et moi, avec leur pancarte, complètement pacifistes, s’en prendre de tous les côtés.

Je reste avec cette image de cette vieille dame qui se prend le canon à eau et qui tombe à terre ; des forces de l’ordre l’ont traînée (même un sac poubelle on ne le traîne pas, de peur de le craquer). J’ai vu des familles avec enfants se faire gazer et malmener ! Je suis resté là sans pouvoir bouger, choqué par ces images, et c’est à ce moment là où j’ai cru recevoir un pavé. Alors moi et ma grande gueule, lorsque je me suis retourné pour hurler aux gars de faire attention, j’ai vu le 2ème coup de matraque m’arriver sur la tête ! Et c’est là que j’ai compris !

C’était tout bonnement un guet-apens. Ils ont eu ordre et pour beaucoup ont eu du plaisir à casser du jaune ! Il faut savoir que l’on m’a demandé de retirer mon gilet jaune si je voulais être pris en charge par les CRS qui ont fini par me porter secours, et qui quelques minutes après, n’ont pas hésité à charger sur les gens qui étaient présents. »

Vous serez à nouveau nombreux à manifester ce samedi 1er décembre. Où que vous soyez, nous vous invitons à nous transmettre vos témoignages, photos et vidéos, par message privé sur les réseaux sociaux ou par mail à siterevolutionpermanente@gmail.com.




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