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Société

« Gardiens de la paix » ?

8000 futures recrues et 1 million d’euros de pub pour l’État policier

8000, c'est le nombre de recrues que la police veut engager cette année 2018. Avec son clip publicitaire à 1 million d'euros, l'Etat met les petits plats dans les grands pour exacerber le sentiment patriotique et sécuritaire auprès des plus jeunes.

Crédits photo : screenshot vidéo RTL

« Devenir policer, gardien de notre paix ». Voilà une appellation qu’on n’avait plus entendu depuis l’ère Sarkozy où les « forces de l’ordre », chargées de nettoyer au karcher les banlieues, avaient remplacé les « gardiens de la paix ». Le retour à cette formule plus positive n’est sûrement pas étranger au sentiment anti-police qui se diffuse dans la jeunesse, notamment depuis la lutte contre la première loi Travail où le slogan « Tout le monde déteste la police ! » était entonné par une large frange des jeunes générations.

L’objectif du clip publicitaire, qui montre un large panorama des diverses activités que prend en charge la police nationale, à l’exception des violences arbitraires, n’est pas uniquement de « donner envie aux jeunes gens d’entrer dans la police » comme le soulignait Éric Morvan, directeur général de la police nationale, en présence de Gérard Collomb lors du lancement de la campagne médiatique. En effet, le clip vise aussi tous les jeunes qui ont « une image déformée de la police nationale », ce qui est souvent le cas quand on a perdu un œil à cause d’un tir de flash ball ou qu’on s’est fait gazer dans la rue ou sur son campus...

Redorer son image et gonfler ses effectifs de 8000 nouvelles recrues dans tous les secteurs de la police, depuis les « gardiens de la paix » aux officiers et commissaires, voilà le but clair et net du clip lancé par la police nationale. Mais la somme d’un million d’euros ne changera rien au fait qu’on croit de moins en moins que la police est là pour « protéger chacun de vous au quotidien » tant la répression s’intensifie depuis des années. Cela ne changera rien au fait que la police nationale reste la milice du capital et que la « paix publique » qu’elle prétend protéger n’est que celle du pouvoir qui réprime dans les banlieues, sur les campus, dans les gares et dans les manifestations. 1 million d’euros et 8000 recrues pour renforcer l’État policier, en somme.




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