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Société

VIOLENCES POLICIÈRES

A 10 ans de l’assassinat de Lamine Dieng par la police

17 juin 2007 — 17 juin 2017. Ce samedi aura lieu, organisée par le comité Vérité et Justice pour Lamine Dieng et les collectif de familles Vies Volées, une journée de commémoration à dix ans de son assassinat par la police. Une cause qui rappelle l’actualité de la lutte contre les violences et l’impunité policières.

« Malheureusement aucune marche ne fera revivre les morts. En revanche en continuant la mobilisation avec le collectif des familles de ceux dont la vie a été volée par la police, on peut aider à rétablir la vérité et l’honneur. » Ce sont les mots de la famille de Lamine, plus que jamais décidée à continuer la lutte qu’elle mène depuis 10 ans pour la justice.
Le 17 juin 2007, Lamine Dieng, 25 ans, perdait la vie aux mains de la police. Lamine a été plaqué à terre par quatre policiers appelés pour tapage nocturne. Une demi-heure durant, il a été menotté, plié et écrasé par près de 300 kg, correspondant au poids total des policiers agenouillés sur son dos. Les policiers l’ont traîné sur le bitume, avant de le jeter sur le plancher du fourgon de police, un agent s’agenouille sur sa tête pendant que deux autres compriment son thorax, agenouillés sur ses épaules, un quatrième agent s’agenouille sur les jambes de Lamine, repliées jusqu’au bassin. C’est le plaquage ventral, technique assimilée à de la torture dans un certain nombre de pays voisins de la France, qui a causé aussi la mort par asphyxie d’Adama Traoré le 19 juillet 2016.
Le décès de Lamine est constaté trente minutes après l’intervention. Le 18 juin, la police des polices (IGS) conclut que Lamine Dieng est « mort naturellement d’un arrêt cardiaque, qui pourrait être dû à une overdose de cocaïne et de cannabis ». Le 22 juin, la famille dépose une plainte avec constitution de partie civile, qui ouvrira une information judiciaire le 10 juillet 2007 et durera jusqu’à aujourd’hui.
En 2008, l’asphyxie est définitivement reconnue comme cause du décès de Lamine. Les conclusions des expertises médicales sont accablantes : « mort d’une asphyxie mécanique par suffocation, due à l’appui facial contre le sol avec pression du sommet de la tête dans un contexte toxique. » Et les auteurs de ce crime sont identifiés. Pourtant, ils courent encore en total impunité.
Dix longues années de procédures judiciaires pour faire reconnaître la responsabilité des brutalités des agents dans la mort de Lamine, qui débouchent sur un non-lieu... alors que l’asphyxie a été reconnue comme cause du décès.
Les chiffres, fondés sur une étude très sérieuse du collectif Urgence Notre Police Assassine sont formels. En moyenne, ce sont près de 15 personnes, en général des hommes, habitant dans les quartiers populaires et racisés, qui sont tués chaque année par la police. Les techniques de meurtre sont diverses : le plaquage ventral, qui a causé la mort par asphyxie de Lamine Dieng en 2007 et d’Adama Traoré l’été 2016 ; les balles, pour Abdoulaye Camara, tué en 2014 , et Amine Bentounsi, en 2012 , tous étant non armés. Alors que les médias et les politiques français s’émeuvent des cas de meurtres racistes commis par la police aux Etats-Unis et reconnaissent le caractère politique des mouvements de protestations Black Lives Matter ; ici, en France, la dénonciation des violences policières et du caractère raciste de cette institution qui relaye tout l’héritage colonial de l’Etat français, est toujours dénigré, considéré comme une violence, comme apolitique et illégitime par ces mêmes médias et ces mêmes dirigeants.
Ce samedi 17 juin rendez-vous donc au 58 rue des Amandiers, M° Ménilmontant, à Paris, pour commémorer les dix ans de l’assassinat de Lamine. Une projection est prévue à 10h30, suivi d’une conférence de presse à 12h. L’après-midi, départ d’une marche à 14h, pour finir avec un concert à partir de 18h.




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