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Politique

« Macron démission » et « révolution »

A Limoges, jonction des gilets jaunes, agriculteurs et lycéens devant la préfecture

Un moment de grâce comme on en voit rarement. Lundi 3 décembre, devant la préfecture de la Haute-Vienne à Limoges, lycéens, gilets jaunes et agriculteurs se sont retrouvés pour une action coup de poing aux cris de « révolution » et « Macron démission ». La convergence des colères à l’état pur.

Crédits photos : France 3 Limousin

Depuis la semaine dernière, les lycéens sont dans la rue. Près de 300 lycées bloqués dans toute la France lundi 3 décembre. Et les lycéens limougeauds n’échappent pas à la règle. Près d’un millier de jeunes ont défilé dans les rues de Limoges ce lundi, avant de rejoindre, devant la préfecture de la Haute-Vienne gilets jaunes et agriculteurs en colère.

Curieux mélange de « teenagers » et de tracteurs d’une cinquantaine d’agriculteurs. Du fumier donc, mais aussi des gilets jaunes, le tout aux cris de « Macron démission » et de « révolution » pour une action coup de poing devant la préfecture.

Du côté de la jeunesse, la colère monte d’un cran contre Parcoursup et la réforme du baccalauréat et du lycée : du lycée général d’une part qui obligerait de nombreux lycéens des campagnes à faire des kilomètres pour pouvoir choisir leur orientation (5 options sur 11 ne seront proposés que dans quelques lycées des secteurs) et du lycée professionnel qui propose de confier l’éducation de la jeunesse entièrement à la région et aux entreprises de la localité.

Côté agriculteur, voilà déjà plusieurs années, que la crise agricole sévit et que les petits exploitants revendiquent de pouvoir vivre de leur travail : face aux géant de l’industrie agroalimentaire et aux grandes coopératives agricoles dominantes qui fixent les prix, beaucoup ne parviennent pas à dégager de rémunérations suffisantes et vivent avec moins que le Smic, sans aucun congés. La FNSEA, le syndicat corporatiste et représentant des grandes exploitations agricoles a senti le vent tourné et a déjà annoncé une possible mobilisation pour récupérer la colère. Mais les agriculteurs de la Haute Vienne ne l’ont pas attendue et d’ores et déjà se mobilisent en soutien des gilets jaunes.

Les gilets jaunes se sont ensuite dirigés vers le tribunal car l’un d’entre eux devait être jugé en comparution immédiate. Interpellé le 1er décembre sur le blocage de l’Autoroute A20, son procès a finalement été reporté. Probablement sous la pression des manifestants.




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