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Société

Police partout, Justice nulle part

A Orly, un ado mort à la suite d’un contrôle. Des policiers innocents ?

Ce mardi, au alentours de 5h du matin à Orly, un énième drame à eu lieu suite à un contrôle de police. Selon la version policière, un adolescent de 16 ans aurait pris la fuite au volant d'un scooter pour échapper au contrôle de police et serait mort en heurtant un panneau de signalisation. Il aurait été retrouvé en arrêt cardio-respiratoire.

L’enquête de l’IGPN affirme que les policiers en patrouille ont croisé une bande de jeunes en scooter « à la conduite imprudente » et s’apprêtaient à les contrôler, lorsque ces derniers ont pris la fuite. Un de ces jeunes serait tombé une première fois, puis repartit sur son scooter avant de heurter un trottoir, perdant alors le contrôle du véhicule et heurtant un poteaux de signalisation. Son véhicule, que l’enquête déclarera comme volé, aurait continué sa route pour s’encastrer dans un véhicule stationné à un feu rouge.

Aucune contre-version des faits n’a été pour l’instant formulée et jusqu’ici les version des policiers et du parquet concordent et ne semblent pas présenter d’incohérences flagrantes, mais les proches de la victime ne sont pas convaincus par cette version. Car au regard du nombre de jeunes hommes morts lors d’interpellation policière – Adama Traoré, Zyed et Bouna, Romain à Paris récemment, Aboubakar à Nantes,...- le doute s’installe. Et quand bien même la version de la police serait vraie, sa mort interroge sur les relations que les forces policières entretiennent avec les jeunes, d’autant plus lorsqu’ils sont noirs, arabes ou d’origine populaire : elle témoigne en tout état de chose du rôle de la police dans notre société.

En effet, si la victime à pris la fuite, craignant les sanctions pour sa « conduite imprudente » et pour le fait de conduire un véhicule volé, c’est bien parce que ces « infractions » sont punies par la loi, et que la police répond toujours présente quand il s’agit de punir les jeunes de quartiers populaires, les travailleurs en lutte et les militants d’extrême gauche. Tellement présente que les meurtres, les mutilations et les viols quand la police « ne fait que sont devoir » sont monnaie courante et impunis au point d’en être banalisés. Pourtant, où se trouve alors cette police et sa violence quand il s’agit de l’affaire Benalla, de la corruption des politiques, de la fraude fiscale des patrons ? Pire encore quand on voit que le gouvernement français, main dans la main avec sa bourgeoisie, se payer le luxe d’être allié à des dictateurs et de leur vendre des armes ; se rendant ainsi responsable des pires crimes dans le plus strict respect de la loi !

Si, admettons, il « n’y a pas eu de faute » commise de la part des policiers durant ce drame, comme le revendique Yoann Maras, secrétaire régional du syndicat Alliance, il n’empêche que cette mort est directement liée à l’acharnement policier contre les populations de quartiers populaires, de la part d’une police appliquant avec zèle la loi des dominants sur le reste de la population. Ainsi ce drame ne devrait nullement être vu sous l’angle d’un simple accident à la seule responsabilité de la victime refusant de coopérer.




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