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Politique

La manœuvre ne fonctionne pas..

A Paris, la stratégie de Castaner pour diviser les gilets jaunes : sans succès

La rhétorique du gouvernement est claire. Après avoir bouclé les Champs Elysées, avec un dispositif policier jamais vu depuis mai 68, Castaner est sur le front pour diviser les gilets jaunes.

Crédits photos : Tweeter Wladimir Garcin-Berson

D’un côté, il met en exergue les gilets jaunes qui auraient accepté les conditions absolument draconiennes pour accéder aux Champs Elysées, de l’autre, il affirme que des milliers de « casseurs » empêchés de manifester ne seraient pas des gilets jaunes. Autrement dit, le gouvernement met en pratique, la manœuvre bien connue, du « diviser pour mieux régner ».

Tandis que plusieurs dizaines de milliers de gilets jaunes sont attendus sur Paris, mais aussi dans toute la France, le gouvernement a déployé un dispositif policier absolument impressionnant. Du jamais vu depuis mai 68 selon un « syndicat » policier. Sur Paris, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner a opté pour la stratégie qui vise à empêcher la très grande majorité des gilets jaunes de manifester : les conditions d’accès sont si draconiennes que seulement plusieurs centaines de manifestants, triés sur le volet, ont pu accéder aux Champs Elysées.

Face à l’impossibilité d’accéder aux Champs Elysées, la grande majorité des gilets jaunes ont dû pour un bon moment se rabattre sur les rues adjacentes et environnantes, notamment l’avenue Mac Mahon. Le verrouillage des Champs-Elysées a provoqué un éparpillement des "gilets jaunes" dans toutes les artères autour du rond-point de l’Etoile, expliquait un journaliste du Monde.

Le discours du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, accompagne évidemment par les mots, les manœuvres policières : « 200 manifestants pacifiques sur les Champs-Élysées, 1500 perturbateurs à l’extérieur » expliquait-il vers 11h. Son secrétaire d’Etat accrédite la thèse et réaffirme que « ce ne sont pas des gilets jaunes, les gilets jaunes ne sont que des tenues de camouflages. Ca discrédite durablement le mouvement ».

Il s’agit ainsi, d’un côté, de minimiser le nombre de manifestants pour cet Acte 3. De l’autre de diviser les « manifestants pacifiques » des traditionnels « casseurs ». L’objectif séparer ces manifestants que le gouvernement présente comme « sincèrement » prêts au « dialogue », de cette majorité qui est prête à lutter jusqu’à ce qu’il cède.

Déjà tôt le matin, plus d’une quarantaine de personnes ont été interpellées, puis 107 à l’heure actuelle, autour des Champs-Élysées, l’objectif étant de « faire du chiffre » pour justifier le discours gouvernemental. Les médias de leurs côtés mettent en avant une violence « extrême » et des manifestants « d’extrême droite radicale » avenue Mac-Mahon, une façon de donner la teinte plus « brune » possible au mouvement des gilets jaunes.

Pourtant, les médias sont malgré tout, face au nombre des manifestants, contraints de diffuser leurs revendications et de prendre acte de la réalité du mouvement : « l’amélioration du pouvoir d’achat reste la principale revendication des "gilets jaunes" qui manifestent samedi. Leur cri de ralliement : "Macron, démission !" », expliquait Le Monde.

Si cette stratégie de la « dispersion » moyennant un dispositif policier jamais vu depuis 68 - près de 5000 forces de polices, canons à eaux, hélicoptère - a relativement fonctionné, le gouvernement a cependant subit deux défaites symboliques importantes. D’abord la prise de l’Arc de Triomphe par les gilets jaunes où « les gilets jaunes triompheront » a été tagué sur un pied de l’Arc. Puis la « prise » de la tombe du soldat inconnu à quelques pas de là.

Si les appels au « dialogue » du gouvernement ne font que s’accentuer, comme les dernières déclarations de Benjamin Griveaux, c’est en réalité une expression de plus que l’exécutif se trouve en énorme difficulté face au mouvement des gilets jaunes. Ni la répression, ni les manœuvres gouvernementales ne semblent fonctionner.




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