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Jeunesse

Un véritable fiasco

A Pôle Emploi, on anticipe déjà le ras-de-marée des recalés de Parcoursup 

En tenant compte du nombre conséquent de lycéens que la nouvelle plateforme sélective d'orientation post-bac, Parcoursup, va laisser sur le carreau, Pôle Emploi prépare déjà ses salariés à recevoir à la rentrée une hausse significative d’étudiants à la recherche d’emplois.

Pôle Emploi commence à préparer ses salariés à gérer les conséquences de l’échec de la nouvelle plateforme d’orientation post-bac, à savoir, des milliers de lycéens qui n’auront eu aucune affectation.
À Metz les équipes locales de direction ont lu une note interne aux employés leur expliquant qu’ils allaient devoir faire face à un afflux exceptionnel des inscriptions en septembre.

« À chaque rentrée, nous avons une augmentation d’environ 20 % des inscriptions des étudiants. Mais là on nous a dit qu’il fallait plutôt s’attendre à 40 % », raconte un agent.
Un représentant syndical s’inquiète :

« On va demander des explications. Une telle anticipation n’est pas anodine. Cela veut dire que le gouvernement s’attend à ce que nombre d’étudiants restent sur le carreau »,

Le 22 mai, le jour de la publication des premiers résultats de la plateforme Parcoursup, à peine plus d’un candidat sur deux avait reçu une affectation, plus de 300 000 étaient en attente, et 29 000 avaient tous leurs souhaits refusés. Au 1er juin, 575 000 candidats ont au moins une proposition, mais 16 000 d’entre eux ont cependant quitté la plateforme, 199 000 sont encore en attente, 24 000 sont toujours sans proposition.

Parcoursup met en effet de coté de nombreux jeunes qui avaient envie d’étudier, et ce sur des critères peu clairs (les algorithmes locaux ne sont pas dévoilés), mais qui suivent un même raisonnement, celui de la sélection selon l’origine sociale du candidat.

Les lycéens recalés en masse proviennent en effet plutôt des petits lycées excentrés, de campagne ou de banlieue, ou encore des lycéens qui vivent dansles colonies françaises qui veulent venir étudier en métropole, considérés comme des « citoyens de deuxième classe » : « […] 2 de mes amis en terminale S n’ont vu aucun de leurs voeux acceptés alors qu’ils ont une très bonne moyenne (17), nous avons alors appris par la suite que c’est le secteur qui pose problème car nous nous situons en pays d’outre-mer et aucun lycéen de nos environs n’a été accepté nulle part. »  

De nombreux jeunes vont donc se retrouver sur le carreau, se voir refuser dans les filières de leurs choix, et donc se rediriger vers les centres de recherche d’emploi. Sans diplômes, ils n’auront accès qu’à des emplois subalternes, ce qui contribuera à une précarisation accélérée de la société.
Telle est la vision de la loi ORE « Orientation Réussite des Etudiants » qui s’inscrit dans la suite de réformes du gouvernement qui appliquent un véritable plan d’austérité, avec la baisse des budgets alloués à l’éducation, la santé, la dégradation et la privatisation du service public.




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