Politique

Souvenirs souvenirs

A Rennes, le blocage de la rocade et d’un dépôt d’essence ravive les souvenirs de 2010

Publié le 19 mai 2016

Yano Lesage

A Rennes, en dépit du quasi état de siège qui y règne (dispositif policier renforcé dans le centre ville et interdiction de séjour dans le centre-ville pour un militant), la mobilisation contre la loi travail tient bon. C’est le moins que l’on puisse dire au vue du succès des actions de blocage, menées conjointement par la jeunesse et des travailleurs, sur le dépôt d’essence TOTAL de Vern-sur-Seiche et sur la rocade rennaise, qui ravivent les souvenirs de 2010 et des modes d’action de la lutte contre la réforme des retraites.

5h30, au local de la CGT. 30 voitures avec à leur bord une centaine de militants de la CGT, FO, de la CNT, Solidaires, du Front de Libération de la Bretagne (FLB), des Jeunesses communistes et d’indépendants se rendent sur le dépôt d’essence appartenant au groupe Total de la Vern-Sur-Seiche, pour y bloquer tout accès ou départ des convois. Tout cela dans une ambiance sympathique : les routiers bloqués par les militants restent solidaires du mouvement – beaucoup se sont mis en grève ces derniers jours. Le barrage filtrant laisse passer les automobilistes au pas. Le blocage dure de 6 à 10heures, quatre heures durant lesquelles aucune goutte ne sort du dépôt. Une véritable réussite pour une action intersectorielle regroupant des travailleurs et des secteurs de la jeunesse étudiante ou précaire. Beaucoup pensent à 2010, et aux belles heures de lutte contre la réforme des retraites, où la jeunesse, aux côtés des travailleurs, battaient conjointement le pavé.

Vers midi. Partis de l’esplanade Charles de Gaulle comme à l’accoutumée, un millier de manifestants a répondu à l’appel de l’intersyndicale. Cette fois-ci, plutôt que de se diriger vers le centre-ville, il s’agit de rejoindre une action qui se prépare à côté du stade rennais, le Roazhon Park. Les manifestants se dirigent vers la porte de Lorient pour envahir la rocade. Malgré l’intervention musclée de la police pour les repousser – un jeune manifestant, Martin, s’est fait matraquer et bloquer à la gorge avec un tonfa avant d’être propulsé à terre –, par petits groupes, les manifestants parviennent à bloquer plusieurs minutes la circulation. L’intervention de la police y mettra fin violemment sans pour autant arrêter les manifestants. En effet, aussitôt repoussé, le cortège se reforme. Pour finalement repartir en manifestation vers le centre-ville, où les manifestants se sont dispersés vers 16h. Un vrai succès, avec une répression somme toute limitée. La preuve que la force de telles actions, c’est surtout celle du nombre.