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Notre classe

Pas de Suger sans Stoller

A Saint-Denis (93), le lycée Suger se mobilise contre la répression et la mutation forcée d’un enseignant

Après l'accueil chahuté ce matin de Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d'Ile-de-France, venue faire son coup de communication lors de l'inauguration du lycée la Plaine, une soixantaine d'enseignants, lycéens du lycée Suger et des soutiens se sont donnés rendez-vous cet après-midi devant le ministère de l'Education nationale pour exiger le maintien de Pascal Stoller à son poste de chef des travaux et de responsable de la section BTS audiovisuel qu’il a montée sur le lycée.

C’est fin juin que l’un des piliers de l’établissement, Pascal Stoller, en poste depuis 20 ans, a appris qu’il faisait l’objet d’une « réaffectation dans l’intérêt du service » par le rectorat de Créteil. Comprenons qu’il s’agit tout simplement d’une sanction disciplinaire qui ne porte pas son nom et qu’il s’agit en réalité d’une répression d’un enseignant visant à taper sur les résistances alors que personnels et lycéens peinent à se faire entendre sur le manque de moyens humains et matériels dans l’établissement alors qu’ils réclament la création de postes d’assistant d’éducation, de CPE sans réponse du rectorat. La préoccupation est grande sur l’avenir du lycée comme témoignent les slogans « sauver Suger, c’est sauver le quartier ».

Il est donc tout naturel que Pascal Stoller reçoive le soutien du personnel de l’établissement, des lycéens et parents d’élèves.

C’est à la suite d’une première mobilisation qu’une délégation a été reçue au Rectorat de l’académie de Créteil afin d’exiger la réintégration de Pascal Stoller. N’ayant pas été entendus, les enseignants en grève, les lycéens, étudiants de BTS mais aussi des soutiens extérieurs d’autres établissements du 93 se sont donnés rdv devant le ministère où une délégation devait être reçue. Devant le ministère sous les slogans « Ministère t’es foutu, le 93 est dans la rue » ou encore « Suger en colère, y’en a marre de la galère », la délégation apprend que le ministère refuse de les recevoir. « On sent que ça tremble là-haut car ils tâtonnent entre nous recevoir ou non. Le rapport de force n’est pas en leur faveur », témoigne une enseignante.

Le rassemblement combatif se termine par l’obtention d’une nouvelle audience avec le rectorat de l’académie de Créteil et de nouvelles journées d’actions en perspective dans les jours qui viennent qui seront décidées suites aux assemblées générales de l’établissement.

« Le 9-3 en colère, y’en a marre de la galère »

Alors que différents représentants d’un gouvernement de casse sociale viennent parader dans département le plus pauvre de France, cette semaine de rentrée sera rythmée par des journées de grèves dans différents établissements de Seine-Saint-Denis qui portent toutes sur un même sujet : le manque criant de moyens matériels et humains dans les établissements.




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