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Jeunesse

5 CRS pour 1 occupant

A Sciences Po Rennes, 15 camions et 70 CRS pour déloger 15 étudiants mobilisés !

Vendredi, le directeur de Sciences Po Rennes a une nouvelle fois préféré la répression. Une compagnie entière de CRS est venue déloger la quinzaine d’étudiants qui avaient décidé, depuis 45 minutes, d’occuper la bibliothèque pour que la direction revienne sur sa décision de fermer l’établissement la semaine prochaine. Ce choix éminemment politique vise à empêcher la tenue de l’assemblée générale de Rennes I ce lundi, quitte à obliger le personnel d’établissement à prendre des congés forcés…

Sur les coups de 17h30, c’est donc une compagnie entière de CRS qui est venue déloger la quinzaine d’étudiants qui occupaient pacifiquement la bibliothèque universitaire. 70 CRS pour 15 étudiants, une démonstration de force ridicule de la part de la police. Une de plus dans cette mobilisation étudiante face à la loi ORE…
L’intervention s’est faite dans le calme, mais dix étudiants ayant refusé de donner leur identité ont été envoyés au poste, avant d’être relâchés une heure après. Ironie du sort, malgré les 15 fourgons de CRS, les forces de l’ordre n’avaient rien anticipé, et ont dû attendre la venue de voitures venant du commissariat central pour amener les étudiants au commissariat… où les policiers en ont profité pour filmer leurs visages.

L’IEP de Rennes a été occupé une première fois entre le 17 et le 27 avril. En effet, le 16, lors d’une assemblée générale regroupant 150 personnes, le blocage de l’établissement avait été voté. Le choix des étudiants mobilisés d’occuper l’IEP, dès le 17 avril est survenu, alors que la direction décidait d’engager une compagnie de sécurité privée menaçant de fait le blocage.

L’occupation : « université autonome », cours alternatif, et meeting de convergence des luttes

De l’aveu de tous, l’occupation s’est très bien déroulée, sans la moindre dégradation à déplorer. Preuve en est, le vendredi 20 avril, 300 personnes votaient la reconduction de l’occupation. Cette « université autonome » ouverte à toutes et tous a permis la tenue de cours alternatifs, de nombreuses conférences, et d’un meeting de convergence avec plusieurs secteurs en lutte (cheminots, postiers, etc... ).
Alors que les vacances venaient de se conclure, pourquoi le directeur de l’université a-t-il empêché la la ré-ouverture normale de l’établissement le 7 mai ? Pour les étudiants mobilisés, pas de doutes, cette décision a été prise pour « empêcher la tenue de l’assemblée générale de Rennes 1 lundi 7 mai. »

La direction oblige son personnel à une semaine de congés forcés

La page Facebook Sciences Po Rennes en lutte revient sur les répercussions de cette décision unilatérale prise par la direction : « Les membres de la direction prennent leurs vacances la semaine prochaine et craignent une nouvelle occupation. Ils ont donc décidé de fermer l’établissement, obligeant le personnel normalement présent à poser des jours de congés. Nous exigeons que le personnel ne subisse pas les décisions de la direction, iels ne peuvent pas exiger qu’iels posent eux-mêmes leurs jours de congés.

Nous exigeons que l’IEP soit ouvert la semaine prochaine, afin que les membres du personnel puissent être payés. Nombre d’entre eux ayant été en vacances cette semaine, cela impliquerait deux semaines de congés payés d’affilée pris sur leur solde annuel.

La direction impose donc une décision incohérente et inadmissible visant à mettre à la fois la pression sur les étudiant.es et sur le personnel. Cette mesure n’a qu’une seule vocation : empêcher la politisation des étudiant.es et empêcher que ces derniers.ères entrent en contact avec les travailleurs.ses de l’établissement.
Ce phénomène ne touche pas uniquement Sciences-Po, nombreux sont les établissements tentant de faire taire leurs étudiant.es, que ce soit à la celle de droit ou celle d’économie de Rennes 1 où les tenues d’AG sont devenues impossibles, ou encore le lycée Jean Macé où le proviseur vise individuellement les élèves mobilisé.es pour leur mettre la pression. »

Le combat se poursuit à Sciences Po Rennes, où, aux revendications face à la loi ORE se sont ajoutées celles face à la loi asile et immigration, et plus généralement face à la politique néolibérale de Macron. Les étudiants mobilisés se coordonnent avec les lycéens en lutte, et des liens commencent à se créer avec les personnels. Face à une direction qui fait la sourde oreille, ils restent plus que jamais déterminés !




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