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Monde

8 mars en Iran...

A Téhéran, de la prison ferme pour avoir ôté son voile

Alors que des millions de femmes battent le pavé, se mettent en grève dans le monde entier pour le 8 mars, une Iranienne a été condamnée à deux ans de prison, dont trois mois fermes, pour avoir retiré son voile sur l'espace public.

Depuis les manifestations qui ont lieu en décembre dernier contre le régime en place, l’Iran assiste à une vague d’actes de désobéissance à la loi puisque des femmes choisissent d’enlever leur voile dans la rue. Or, le port du voile est obligatoire pour toutes les femmes, iraniennes ou étrangères, musulmanes ou non, en Iran depuis 1979, date de la révolution islamique. Une Iranienne, dont l’identité n’a pas été communiquée, a été condamnée à deux ans de prison dont trois mois fermes pour cette raison. Le procureur de Téhéran s’est exprimé pour réclamer l’application maximale de la peine et donc la reconversion du sursis en prison ferme pour cette femme.

C’est un message fort en ce 8 mars qui voit, en tant que jour de la grève internationale pour le droit des femmes, des millions de femmes à travers le monde manifester, lutter, se mettre en grève contre les innombrables inégalités, oppressions, violences du système patriarcal. Peu importe où dans le monde, le pouvoir capitaliste et patriarcal n’est qu’un et cherche à affirmer sa domination sur les femmes et sur leurs corps. Cela passe, entre autres, par l’interdiction du droit à l’avortement, la limitation du droit aux études, au travail, à la vie politique, par l’obligation ou l’interdiction de porter certaines tenues. La condamnation profondément réactionnaire de la justice iranienne traduit cette crainte d’une libération des femmes par laquelle elles pourraient disposer librement de leurs corps. Souvent instrumentalisé comme caution « républicaine » justifiant l’islamophobie en France, le voile est par ailleurs une autre manière d’opprimer les femmes en leur interdisant, pour leur liberté, de le porter. Il n’appartient qu’aux femmes de décider de cela, et en aucun cas, à la justice qu’elle soit républicaine laïque ou islamique, en Europe, ou au Moyen-Orient.

Le patriarcat ne connaît pas de frontière, la lutte des femmes non plus, comme l’a prouvé cette journée de mobilisation internationale !




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