Notre classe

Ça va chauffer sur le rail

À Toulouse, les cheminots se bougent

Publié le 13 mai 2016

Nous étions près d’une centaine à l’assemblée générale du 12 mai à la gare de Toulouse Matabiau. Malgré les miettes lâchées par la direction de la SNCF sur le décret socle, les collègues ne sont pas dupes et savent que leur avenir se joue. Le noyau dur se voit renforcé de nouveaux venus et d’anciens déçus, et dans un débat houleux, signe de démocratie, les agents demandent des actions et veulent en découdre. Le boycott de certaines OS n’aura pas empêché leurs militants de rejoindre le mouvement, signe qu’ils ne se retrouvent pas dans les modalités de mouvement proposées par leurs directions nationales. Ce refus d’appeler aux cadres de décision collective est pris par certains comme un manque de respect aux grévistes et au débat. La participation de la base de ces organisations syndicales aux assemblées générales doit continuer à s’amplifier et ainsi obliger leurs délégués à revenir lors des AG inter-services, seul moyen de construire un mouvement d’ampleur et durable dans la SNCF.

Correspondant cheminot de Toulouse

Certains partent pour se mobiliser au début de l’euro, en juin, quitte à nous isoler. Mais la tenue d’actions durant cette période est clairement envisagée.

Ce qui ressort de l’assemblée c’est qu’il faut lier nos revendications à celles des autres secteurs, notamment le retrait de la loi travail. Les agents sont motivés et convaincus que c’est par la convergence avec les étudiants, les salariés du public et du privé qu’on mettra la pression nécessaire. Il faut qu’on arrive à bloquer économiquement le pays dans la durée, les cheminots en sont conscients et n’ont pas peur de s’engager dans un mouvement dur et de descendre dans la rue aux côtés de tous les déçus.

La priorité est donc de convaincre les collègues pas encore mobilisés ou peu renseignés de venir massivement en assemblée générale. Le talon d’Achille de beaucoup d’entre nous reste le soucis financier, cependant des solutions existent . À une époque, des caisses de grève ont aidé les collègues, soutenu des mouvements et ont joué un rôle décisif, ne l’oublions pas. Par exemple, les étudiants et les lycées ont récupéré la semaine dernière à Toulouse plus de 2000 euros en une heure lors d’une opération « péage gratuit », proposant aux conducteurs de « donner aux grévistes plutôt qu’à Vinci ». Il y a de quoi s’en inspirer, soyons imaginatifs.

Beaucoup d’entre nous n’avons pas connu de victoires comme celle de 1995 mais les appels à la grève reconductible chez les routiers et les raffineries ainsi que les mouvements dans les autres secteurs comme par exemple le maritime, nous font penser qu’il est temps de faire changer les choses et de rappeler aux patrons et au gouvernement que c’est la rue qui décide !!!