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Société

Écoles toulousaines sous pression

À Toulouse, on exclut les enfants de familles pauvres des écoles

À Toulouse, la nouvelle municipalité Les Républicains applique la ligne austéritaire du gouvernement. La baisse du budget alloué aux écoles et aux activités extra et périscolaires fait grincer des dents chez les personnels et les parents d'élèves qui se sont rassemblés ce mercredi sous les fenêtres de la mairie de la ville rose pour se faire entendre. Elisa, directrice d’un Centre de Loisir Associé à l’Ecole (CLAE) syndiquée à Sud Collectivités Territoriales a accepté de répondre aux questions de Révolution Permanente. Propos recueillis par Léo Valadim

Pourquoi êtes-vous réunis aujourd’hui ?

Depuis les élections municipales de 2014 à Toulouse, la nouvelle municipalité a mise en place une politique de destruction du système éducatif et périscolaire de la ville. Les budgets des CLAE ont été baissés de 50%, et ceux des écoles primaires de 13%.

En juin la municipalité a annoncé une augmentation des tarifs du temps périscolaire (temps de prise en charge des élèves avant, entre et après les cours), ainsi que de la cantine et la fin de la gratuité pour les familles les plus précaires.

C’est d’autant plus scandaleux qu’avant une barquette de nourriture était prévue pour 8 enfants et qu’aujourd’hui on doit distribuer la même portion à 10 élèves. Ils calculent au plus juste, au point qu’on doive conseiller aux enfants de saucer le fond de leur assiette au pain...

Ils ont fermé des piscines, réduit le temps d’ouverture d’autres, la médiathèque a fermé tout l’été, les subventions des associations ont crucialement baissé ... Ils font tout pour que le service publique pour tous et toutes n’existe plus.


C’est donc l’activité périscolaire qui est prioritairement visée ?

Pas seulement. La mairie a également décidé de fermer bon nombre de petites écoles avec peu de classes, les élèves de celles-ci sont rabattus sur de plus grosses. On se retrouve avec des usines à enfants, avec parfois entre 200 et 250 élèves en maternelle. C’est un environnement hyper violent pour les enfants comme pour les adultes qui y travaillent sous un stress permanent, et qui ne sont plus remplacés lorsqu’ils sont malades.

Cette politique est sans surprise accompagnée d’une autre, sécuritaire, elle. La police municipale, désormais armée, rôde dans la ville 24h/24. 150 policiers municipaux ont été engagés en plus cette année. Après on nous parle de problèmes de budget...

Quand on fait le parallèle avec l’exclusion des enfants les plus démunis qui se retrouvent à l’extérieur des CLAE et du système périscolaire, on se demande ce qu’ils veulent ? À la Reynerie par exemple, on constate avec la fin de la gratuité et l’augmentation des tarifs une désertion notoire de l’école entre les cours (heures de repas etc.). Ils veulent mettre les gamins à la rue pour justifier une politique sécuritaire à tout prix.


Où en est la mobilisation ?

Aujourd’hui le rassemblement a été appelé par SUD Collectivités Territoriales 31, Sud Éducation et Sud Santé Socio-animation. La FCPE et SNUI PP ont rejoint la dynamique. Nous avons lancé une pétition qu’on compte apporter à la mairie, on envisage de multiplier les actions s’ils ne reviennent pas sur leur politique élitiste qui pressurise les personnels et met en péril les élèves et leurs familles.




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