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Politique

41,7 % d’abstention au premier tour

À Vaulx-en-Velin, bastion de l’abstention : « Ni Le Pen ni Macron »

Vaulx-en-Velin, la 3e commune la plus pauvre de France, est la commune qui a compté le plus fort taux d’abstention au premier tour de la présidentielle.

La ville, comportant un nombre important d’immigrés ou descendants d’immigrés, a toujours été reléguée au second plan, avec un taux de chômage de 20 % et un salaire médian de 1200 € mensuel par habitant, ce qui en fait une des communes les plus pauvres de France. Si la ville s’est fait connaître c’est d’abord à cause des émeutes de 1990, causées par la mort d’un habitant renversé par une voiture de police, puis par sa réputation abstentionniste. Une réputation qui semble se confirmer.

« Si Marine Le Pen est là où elle est, c’est parce qu’il y a un ras-le-bol généralisé. Les gens sont désabusés de la politique. »

Avec un taux d’abstention de 41,7 %, c’est l’abstention qui arrive en tête des suffrages exprimés dans la commune de 43 000 habitants. Ce résultat, de 20 points au-dessus de la moyenne nationale, est le fruit de la situation de précarité vécue par une grosse partie des habitants : beaucoup ont préféré s’abstenir plutôt que de voter pour les mêmes politiques qui les ont mis dans cette situation.

Pour expliquer sa décision de voter blanc dimanche, un habitant de 22 ans déclare :

«  Moi, je les considère tous comme des fripouilles, tous pourris. C’est comme choisir entre la peste et le choléra ».

Pour eux, qui subissent de plein fouet le libéralisme, voter Macron c’est confirmer la politique de précarisation qu’ils subissent déjà depuis des décennies. D’un autre côté, la candidate du Front national et ses idées ultra-sécuritaires et racistes sont loin d’apparaître comme une solution.

Ni peste ni choléra, le front républicain ne prend pas

La présence de l’extrême droite au second tour et la pression à voter Macron comme « rempart » au FN sont aussi très présentes à Vaulx-en-Velin. Toutefois, le front républicain ne prend que relativement à Vaulx-en-Velin, nombreuses et nombreux étant à juste titre conscients que ni Le Pen ni Macron ne vont réellement changer les choses. D’après un conseiller municipal de la ville chargé du développement économique, beaucoup d’habitants pensent que « ça ne sert à rien de voter ».

D’après Khadija Dahou, d’origine algérienne :

« Marine Le Pen me fait un peu peur mais ça ne me motive pas pour aller voter. Même si elle est élue au second tour, je m’en fous ».

L’argument du barrage contre le FN ne semble plus avoir de réelle prise sur la population. Ainsi, ceux défendant le « barrage » au parti lepéniste sont généralement des classes moyennes mais, face à une ville comptant 60 % de logements sociaux, la majorité de la population n’est absolument pas convaincue qu’un candidat comme Macron soit dans leur camp. Alors, pour combien dimanche ce sera ni le Pen ni Macron ?




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