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Politique

Ni oubli ni pardon

A cinq ans de la mort de Clément Méric, le procès attend toujours

Le 5 juin 2013, le jeune étudiant et militant antifasciste avait été assassiné par des membres d’un groupe d’extrême droite. En décembre dernier, la Cour d’appel de Paris a confirmé le renvoi de ses meurtriers devant la Cour d’Assises, mais le procès attend toujours un épilogue judiciaire.

Crédits photo : Frank Perry / AFP

Quelque deux mille personnes ont défilé dans les rues de Paris ce samedi après-midi en mémoire de Clément Méric, à cinq ans de son assassinat aux mains de militants fascisants qui faisaient la chasse aux « gauchistes ».

La manifestation, partie de la Place Gambetta, a rejoint celle contre le projet de loi asile et immigration. « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos », « On n’oublie pas, on pardonne pas », « Pas de justice, pas de paix », « Solidarité avec les sans-papiers » sont de slogans qui ont rythmé le défilé. La police a empêché le cortège d’arriver à la fin du parcours prévu, au Sénat.

Clément Méric, étudiant à Sciences Po

En avril, les étudiants qui occupaient l’université de Sciences Po décidaient, en Assemblée Générale, de la renommer Institut Clément Méric, en hommage à cet étudiant de 18 ans tué il y a cinq ans.

Le mercredi 5 juin 2013, un affrontement verbal puis physique a opposé Clément à Esteban Morillo et ses comparses, sbires du groupuscule d’extrême-droite Troisième Voie ou proches de ladite organisation, à la sortie d’une vente de vêtements. Grande gueule courageuse mais petite carrure, Clément est violemment frappé au visage à deux reprises par Esteban, probablement armé d’un poing américain. Sa chute au sol est brutale. Son corps reste sans vie.

Clément Méric était un militant antifasciste depuis déjà plusieurs années. Proche des milieux libertaires à 15 ans, puis de Solidaires Etudiant-e-s et de l’Action antifasciste Paris-Banlieue lors de son arrivée à Science-Po Paris, il a participé au mouvement contre la réforme des lycées et celle des retraites notamment.

Le passage de Morillo aux Assises ne réglera en rien le problème de la prolifération des petits groupes fascistes, comme ceux qu’on a pu voir agir pour déloger les étudiants de facultés occupés contre la loi ORE. Pas plus que ce passage ne rendra justice à Clément et aux camarades qui sont tombés. Ce sont nos luttes qui feront vivre leur mémoire et leurs combats.




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