Jeunesse

Après la répression brutale d’un lycéen

Un lycéen brutalement frappé par la police, Hollande et Valls veulent-ils un nouveau Rémi Fraisse ?

Publié le 24 mars 2016

Alors même que les forces de police du gouvernement ont réprimé brutalement un lycéen de 15 ans, une répression diffusée massivement à travers les réseaux sociaux, le tournant répressif du gouvernement se confirme et la question de ce jeu (dangereux) auquel jouent François Hollande et Manuel Valls, est d’autant plus d’actualité. Nous republions ci-dessous un article publié en début de semaine qui est d’autant plus d’actualité après la brutale répression d’un lycéen de 15 ans.

Les socialistes ont rarement été tendres et n’ont jamais rechigné à être cyniques. Mitterrand ne les a pas quittés sans laisser un héritage dont tous, au PS, ne se sont pas départis. Ces derniers jours, et notamment après le tournant dans la répression enregistrée au cours de la journée du 17, il est légitime de se demander à quel jeu (dangereux) jouent François Hollande et Manuel Valls.

Corinne Rozenn

Les jeunes avaient déjà eu un avant-goût de la répression le 9 mars, à Lyon et à Nantes, notamment. Le 17, en revanche, les flics n’y sont pas allés de main morte, et ce dans tout l’Hexagone. Cela démontre qu’un ordre a bien été donné de changer de ton. Violemment.

Comme pour le 9, c’est systématiquement la police qui a commencé à provoquer certains cortèges pour forcer les manifestants à riposter, le tout, bien entendu, sous l’œil complaisant des grands médias.

L’autre élément, c’est la répression des rassemblements pacifiques, alors que les manifestants ne procédaient qu’à un court blocage de l’espace public, comme à Metz, par exemple.

Le dernier élément à retenir, montrant la collusion entre ce gouvernement et les présidences des universités qui sont à sa botte, c’est la fermeture administrative qui a été décidée sur plusieurs facs et la façon dont les présidents ont demandé l’intervention des forces de répression, comme à Strasbourg ou Tolbiac, s’asseyant, de ce fait, sur les franchises universitaires dont ils sont censés être garants. La situation est tellement scandaleuse que la direction du SNESUP a dû se positionner publiquement contre ces attaques.

C’est donc dans un climat bien empesté de lacrymos que se profile la journée du 24. Là encore, plus les cortèges de salariés seront nombreux, plus les enseignants du secondaire seront aux côtés des lycéens, plus les étudiants défileront avec les personnels des facs,et plus ce gouvernement aura à y réfléchir à deux fois avant de faire donner les CRS.

Mais la tentation est grande, chez Valls, de choisir la provocation et de faire se radicaliser une frange du mouvement de la jeunesse pour mieux qu’il se coupe de celles et ceux qui ne sont pas encore complètement dans le mouvement, pour mieux les montrer du doigt et opérer une césure à l’intérieur. A ce petit jeu (violent), il n’est pas exclu qu’il puisse y avoir des conséquences dont seul serait responsable le gouvernement. Mais, là encore, aussi paradoxal que cela puisse paraître et au regard du sang que ces messieurs ont sur les mains, celui de violences policières ou encore celui de Rémi Fraisse, il n’est pas à exclure que Valls n’envisage le scénario du pire pour mieux se positionner en « Mongénéral » du XXI° siècle contre la « chienlit estudiantine ».

C’est bien le gouvernement qui est le responsable de toutes les violences qui émaillent les manifestations. C’est pour ces raisons aussi que la massification du mouvement, la jonction avec les profs, les enseignants et les salariés en général est aussi décisif. Et avec le retrait du projet de Loi El Khomri, on pourra également faire passer à ce gouvernement la facture de ses crimes et assassinats passés