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Notre classe

Chronique du monde du travail chez les précaires

A l’approche de la Toussaint. Quand la vie d’un travailleur vaut moins que des chrysanthèmes

Une fleuriste qui se faisait livrer des chrysanthèmes cette semaine m’a raconté comment sa livraison a très mal tourné. Le livreur était un jeune précaire embauché pour les deux semaines qui précèdent la Toussaint (où il y a un gros pic d'activité pour la vente des chrysanthèmes et cyclamens) et qui n'avait visiblement que peu voire pas du tout de formation en tant que chauffeur-livreur.

Résultat, avec le fort mistral qui soufflait, le pauvre gars s’est retrouvé lors du déchargement avec des chariots de plantes sur son hayon qui sont tombés... sur lui. Près de 200 kilos de plantes et de ferrailles qui lui sont tombés dessus.

Alerté, son patron envoie immédiatement deux chauffeurs récupérer la marchandise et le camion... en laissant le blessé, encore tout sonné, livré à lui-même ! C’est la fleuriste qui a dû rester à ses côtés jusqu’à l’arrivée des pompiers... Ou comment la vie d’unE travailleur-EUSE vaut moins que quelques pots de chrysanthèmes.

Et le pire c’est que la crapule qui lui sert de patron ne sera probablement jamais inquiété pour cela. Dans ce secteur, il n’y a pas ou très peu de syndicat. Encore moins de syndicat combatif. D’ici quelques jours, le chauffeur en question sera probablement au chômage. Et il pourra de nouveau culpabiliser en se faisant traiter de fainéant profiteur par celles et ceux qui exploitent et profitent. Pour ensuite accepter des contrats et des conditions de travail toujours plus misérables. Ainsi fonctionne la machine infernale du système capitaliste.