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Jeunesse

600 en Assemblée générale

A la fac de Paris 8, la mobilisation s’organise dans un contexte national bouillonnant

Ce mercredi 4 décembre à la mi-journée avait lieu la seconde Assemblée Générale de l’université Paris VIII suite à l’annonce de la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers par le Premier ministre.

Pour rappel, l’augmentation des frais d’inscription touche dans un premier temps les étudiants étrangers extra-européens qui verront le prix d’une année en licence passer de 170 € à 2770 € et en master de 243 € à 3770 €. Outre les aspects profondément discriminatoires de cette mesure, celle-ci est un premier pas vers lla généralisation des frais d’inscription à l’ensemble des étudiants. En effet, dans la foulée de la déclaration d’Edouard Philippe, un rapport de la Cour des Comptes avait fuité dans le journal Le Monde. Celui-ci préconise d’élargir cette hausse à l’ensemble des étudiants, étrangers ou pas.



Ce mardi midi, l’Assemblée Générale s’est aussi tenue dans un contexte marqué par le tournant qu’a pris la situation politique depuis les événements de samedi dernier avec l’éclatement de la colère des gilets jaunes, suivi de mobilisations lycéennes particulièrement fortes, radicales et réprimées partout en France. Les étudiants étaient près de 600 à se retrouver ce mardi pour se donner des perspectives et poursuivre la construction d’un véritable mouvement à même de faire reculer le gouvernement.

L’organisation de l’Assemblée Générale était plus efficace que la semaine passée, signe qu’une expérience d’organisation collective est en train de se forger. Cela a permis de discuter et de soumettre au vote un certain nombre de propositions concrètes. Parmi celles-ci, celle de se rassembler jeudi à 14h30 devant le campus France a fait consensus. Un départ commun sera dès lors organisé à 13h devant l’université.

Cette première date de mobilisation étudiante de région parisienne doit permettre de marquer le lancement de la mobilisation contre les frais d’inscription. Les étudiants ont interpellé la présidence pour que la journée de cours soit banalisée afin qu’un maximum d’étudiants puissent s’y rendre. Reste à voir si celle-ci, qui s’était positionnée contre l’augmentation des frais d’inscriptions, passera de la parole aux actes ou en restera à une posture passive – et donc complice du gouvernement.


La mobilisation des gilets jaunes a occupé une part importante des débats. Des discussions ont émergé sur la nécessité ou non d’intervenir dans le mouvement des gilets jaunes, ainsi que sur la manière de le faire pour visibiliser les revendications étudiantes. Les étudiants ont finalement majoritairement voté la participation à l’organisation d’un cortège commun pour « l’acte IV » de ce samedi 8 décembre, avec le comité Justice et Vérité pour Adama et les cheminots en lutte.

En effet, il apparaissait clairement à une grande partie de l’assemblée que la situation actuelle de crise profonde et historique ouvre une brèche dans laquelle les étudiants doivent s’engouffrer pour que leur mouvement puisse faire valoir ses revendications, comme celle d’une université gratuite pour toutes et tous mais aussi des revendications allant au delà, comme l’amélioration de nos conditions matérielles d’existence pour pouvoir étudier sans vivre dans la misère, quelle que soit notre nationalité.

 Dans cette perspective, a été voté le fait qu’une délégation d’étudiants de Paris VIII se rendrait à la bourse du travail où une assemblée générale est organisée jeudi à 19h pour discuter avec le comité Adama, les cheminots et d’autres secteurs en lutte de la meilleure façon de manifester samedi avec les gilets jaunes.

Pour se faire entendre, les étudiants ne peuvent pas rester à la marge du mouvement des Gilets Jaunes. Et pour que leurs revendications y soient visibles, il faut construire un mouvement massif dans les universités, à commencer par Paris 8. Alors que la jeunesse entre massivement en mouvement partout en France, à l’image des centaines de lycées bloqués et du début de mouvement dans les universités, il est possible de faire reculer le gouvernement. Celui-ci est en train de fléchir, affaibli, c’est le moment de le faire définitivement plier.

Mais pour ce faire, il va falloir se défaire de tout sectarisme à l’égard du mouvement national en cours. Qui peut encore dire qu’il s’agit d’une mobilisation “d’extrême droite” alors que les cheminots et le comité Justice et Vérité pour Adama y participent ? Qui peut encore hésiter à s’inscrire dans ce mouvement global, alors que tout autour de l’université, les lycéens du 93 ont bloqué leurs lycées durant deux jours, faisant face à une féroce répression ? Si certains étudiants (les mêmes qui étaient contre réunir des assemblées générales) prônent “d’attendre”, de “ne pas être dans l’urgence” - alors que d’ici 6 mois une grande partie des étudiants étrangers ne pourront probablement pas se réinscrire faute de moyens pour payer leur inscription - les résultats des votes démontrent que la majorité est d’un tout autre avis : si l’on veut gagner et ne pas regarder les trains passer il faut agir, et vite !




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