^

Monde

ROYAUME UNI

A la veille du Brexit, le parlement écossais vote un référendum sur l’indépendance

Crédit Photo : AZERTAC Au J-1 du Brexit, le bras-de-fer s’endurcit entre Édimbourg et Londres autour de la sortie de l’Union européenne. L'assemblée régionale d'Ecosse a voté ce mardi la tenue d'un référendum pour détacher leur territoire du Royaume-Uni. Coup de pression sur le gouvernement de Theresa May.

A la veille du déclenchement officiel du Brexit, le Parlement régional d’Ecosse a donné l’autorisation ce mardi à sa Première ministre de demander à Londres l’organisation d’un nouveau référendum d’indépendance. Avec 69 voix pour et 59 contre, Nicola Sturgeon est mandaté pour obtenir l’accord du Parlement de Westminster pour organiser cette seconde consultation, après celle perdue par les indépendantistes en 2014 dans un contexte totalement différent. En juin 2016, 62 % des Ecossais ont voté contre le Brexit, raison avancée par les partis indépendantistes qui estiment que la sortie de l’UE se fait contre la volonté de l’Ecosse. L’Angleterre et le Pays de Galles ont voté en majorité pour le Brexit le 23 juin 2016, tandis que l’Écosse et l’Irlande du Nord se sont prononcés contre.

Le vote de l’Assemblée écossaise tombe un jour avant l’activation officielle de l’article 50, qui lance officiellement les négociations de sortie de l’Union européenne par le gouvernement britannique.

Theresa May adresse ce mercredi une lettre à Donald Tusk, le président du Conseil européen, pour invoquer l’article 50 des traités, pour la première fois dans l’histoire européenne. La Première ministre britannique donne ainsi le coup d’envoi d’une période de négociation de deux ans, aux termes de laquelle le Brexit deviendrait une réalité. Mais les négociations ne devraient commencer concrètement que plusieurs semaines après le sommet qui réunira les dirigeants des 27 pays de l’UE, convoqués entre les deux tours de l’élection présidentielle française, le 29 avril prochain.

Incertitudes

 
Alors que les Britanniques commencent à sentir l’impact de la hausse des prix, notamment de produits importés, conséquence de la dépréciation de la livre sterling provoquée par le vote pour le Brexit, le patronat s’inquiète. « J’ai l’impression que nous venons tout juste d’arriver au sommet de la montagne russe de l’article 50 », a prévenu Paul Drechsler, le président de la principale confédération patronale britannique, le CBI, qui s’attend désormais à subir « les secousses et retournements des négociations  ». En effet, le Royaume-Uni réalise la moitié de ses échanges commerciaux avec le reste de l’UE.

Deux secteurs stratégiques sont particulièrement effrayés par la perspective d’un échec des négociations : les finances et l’industrie automobile. En cas de retour aux règles de base de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui s’appliqueraient à défaut d’accord, les exportations de voitures made in Britain seraient ainsi taxées à 10 % aux frontières du continent.

Le vote du Parlement écossais de ce mardi réactualise un spectre qui effraye la caste politicienne anglaise, celui de l’éclatement du Royaume-Uni. Les symptômes de l’instabilité ainsi que les tendances centrifuges qui caractérisent la situation européenne se sont accentuées. Dans un contexte international tendu, le déclenchement officiel du processus vers le Brexit renforce les incertitudes et les éléments de crise organique au niveau européen.




Mots-clés

Royaume-Uni   /    Union Europénne   /    Brexit   /    Monde