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Politique

Une hyène, un chacal, ou un rapace ?

« A quel animal ressemble Manuel Valls ? » : le sondage à 53 000 euros commandé par Matignon

Alors qu’il était Premier ministre, Manuel Valls a fait payer aux frais du contribuable des études pour améliorer son image personnelle. C’est ce qu’on apprend dans l’émission Envoyé spécial diffusé ce jeudi.

Crédits : © Charles Platiau / Reuters

« Sa frange, soigneusement crantée, lui donne un air frondeur/fonceur », pouvait-on y lire. « Ses oreilles dissymétriques, avec la droite décollée, connotent un aspect bagarreur/colérique ». Loin d’être le pitch d’un documentaire animalier, il s’agit en fait du résultat d’un sondage concernant l’image de Manuel Valls. Un sondage intitulé « bilan d’image du Premier ministre » commandé à l’institut Ipsos pour la somme de 53 520€, et ce, aux frais du contribuable.

On apprend aussi dans ce sondage édifiant que l’institut Ipsos a demandé aux personnes interrogées de comparer Manuel Valls à un animal. Ainsi Manuel Valls serait tantôt « un lion, un aigle royal », parfois « une hyène, un chacal, un rapace ». En 2016, ce sont au total 43% des sondages du SIG obtenus par Envoyé Spécial ont été consacrés à ce genre d’étude. On y voit aussi que le Service d’information du gouvernement (SIG) a dépensé plusieurs dizaines de milliers d’euros entre 2014 et 2016.

Aucun sondage de ce genre n’a été commandé après l’annonce de Manuel Valls sur son vote en faveur d’Emmanuel Macron, ils ont donc servi à mesurer l’image de Manuel Valls lorsqu’il était à la tête du gouvernement. Pourtant, après l’épisode de « l’affaire des sondages » sous la présidence de Nicolas Sarkozy, qui avait commandé un nombre faramineux de sondages pour un total de 7,5 millions d’euros, François Hollande avait promis que l’Élysée ne commanderait plus de sondage.

Matignon a pourtant eu les mains libres. Ainsi, après l’affaire Fillon, ses emplois fictifs payés par l’argent du contribuable, c’est un nouveau scandale qui révèle une nouvelle fois le caractère structurel du pillage généralisé dans les caisses publiques, cette fois-ci à des desseins d’une possible candidature de Manuel Valls, lorsqu’il visait à la succession de Hollande. Lors du précédent Sarkozy, cela avait déjà valu à plusieurs proches de Sarkozy d’être mis en examen dans « l’affaire des sondages ».

L’addition totale des « sondages » est inconnue mais promet d’être salée. C’est une nouvelle affaire qui à quelques jours du premier tour qui rappelle encore une fois le caractère de la classe politique, et ses politiciens professionnels qui pillent le tout en tout impunité…




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