^

Monde

Nationalistes au Bundestag

AFD : l’extrême-droite au parlement allemand

C'est une première depuis la seconde guerre mondiale : l'extrême droite est de retour au Bundestag. L'AFD a réussi à obtenir 12 % de sièges à grand coup de rhétorique anti-migrant, islamophobe et de déclarations sur l'histoire allemande. Quelle stratégie le groupe parlementaire va-t-il mettre en œuvre maintenant qu'il a réussi à retourner sur les bancs du parlement ?

Le système allemand, fondé sur de larges coalitions entre partis au parlement, ne permettra pas à L’AFD de faire voter la moindre loi. Le parti d’extrême droite, qui est arrivé en troisième position lors des élections avec un score de près de 12%, est loin de faire l’unanimité. Il se retrouve donc de fait isolé et incapable d’impulser la moindre politique.

Toutefois, l’entrée au parlement d’un parti d’extrême droite est une révolution en Allemagne où les formations de cette obédience avaient disparu des bancs de l’assemblée depuis la seconde guerre mondiale. Même si la progression de l’AFD et sa petite victoire à été entachée de plusieurs départs de leurs élus, outrés par la dérive extrémiste que prend l’AFD, il n’en reste pas moins que cette entrée au parlement témoigne d’un renforcement des discours racistes, xénophobes et nazis en Allemagne.

Alexander Gauland, dirigeant de l’AFD, s’est notamment illustré par une série de déclarations appelant les allemands à être fiers de ce que leurs soldats avaient accompli pendant la seconde guerre mondiale. Ces propos, alliés à la haine anti-migrants qui s’est largement diffusée depuis que Angela Markel a accueilli un million d’entre eux lors de son précédent mandat, dessine les contours de ce parti nauséabond qui n’hésite pas à affirmer vouloir purement et simplement interdire l’islam car il ne reconnaît pas ce culte comme une religion mais comme une idéologie politique néfaste pour l’Allemagne. 

Le risque encouru par cette entrée en force de l’AFD au parlement est de leur donner une tribune où leurs discours de haine pourront se diffuser. Les polémiques et invectives sur les migrants et les musulmans risquent de devenir récurrentes dans l’enceinte parlementaire et entretenir la provocation permanente qui est le fond de commerce populiste du parti d’extrême droite. A ce titre, les premières heures du nouveau Bundestag ont été particulièrement révélatrices, comptant déjà plusieurs passes d’armes entre les députés de l’AFD et les autres. Mais le nombre de sièges obtenu par l’AFD est également révélateur du terreau fertile à son ascension par la politique ultra-libérale menée ces dernières années par celles et ceux au pouvoir.

Le rôle du SPD sera donc de parvenir à ne pas laisser l’AFD tourner chaque débat en conflit ouvert entre l’establishment et des prétendus opposants. Cela pourra être évité d’autant plus que l’AFD regroupe des personnages assez hétérogènes dans leur motivations. Entre les racialistes qui invoquent la pureté ethnique des allemands et ceux qui réclament des lois plus strictes en matière d’immigration, des divergences pourraient subvenir assez rapidement. 

Il n’en reste pas moins que la percée historique de l’AFD est un symptôme fort de la polarisation à droite en Allemagne. 

Crédits photo : Reuters




Mots-clés

Islamophobie   /    Racisme   /    Allemagne   /    Extrême-droite   /    Monde