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Politique

« La seule chose à négocier c’est le poids de nos chaînes ».

AG d’Austerlitz : « Ce n’est pas la bataille du rail, c’est la guerre »

Ce matin, lundi 9 avril à la gare d’Austerlitz 80 cheminots étaient rassemblés en assemblée générale en ce jour de grève de la SNCF : une AG combative pour des taux de grève massifs.

La tonalité restait très combative lors de cette cinquième assemblée générale à la gare d’Austerlitz. « Les chiffres sont toujours très bons » annonce Christophe, délégué Sud-Rail. La direction de la SNCF elle-même annonçait 43% de grévistes, dont 74% chez les conducteurs et 67% chez les contrôleurs. Dans la journée, ce sont un TGV sur cinq, un TER sur trois et un Intercités sur six qui rouleront. « Pour des fainéants nantis on arrive à faire du S0 [Moins de 25% des trains qui roulent] et à bien les faire chier » s’exclame une syndicaliste de la CGT.

« Les chiffres sont bons mais on n’est pas assez en AG : ils sont déterminés en face et il faut qu’on montre que nous aussi on est déterminés en faisant grossir les AG » continue Christophe. Cet impératif ressort de plusieurs interventions, il ne suffit pas de faire grève, mais il est nécessaire de se réunir en assemblée générale pour étendre « Ce qu’il faut c’est l’auto-organisation à la base » surenchérit Damien, conducteur sur la ligne C et syndiqué chez Sud Rail. « Demain tous ceux ici doivent être là aussi pour tourner, aller voir les collègues ».

« Il n’y a rien à négocier, il faut durcir le mouvement »

Plusieurs cheminots évoquent la nécessité de durcir le rapport de force. « En 1995 ils n’étaient pas dans des calculs d’épiciers pour savoir s’ils allaient perdre leur repos ou pas […], les 48 heures ça a plutôt bien marché mais la question c’est est-ce-que ça sera suffisant pour faire plier un gouvernement qui est prêt à tout pour nous abattre : la grève reconductible c’est la seule chose qui puisse nous faire gagner » martèle Damien, « il n’y a rien à négocier, la seule chose à négocier c’est le poids de nos chaînes ». Christophe, toujours, explique « dans les négociations ils ne lâchent rien : le secrétaire de l’UNSA demande des miettes pour négocier on ne les lui donne même pas : c’est dire si en face ils sont durs, nous on doit être durs aussi : les soldats il va falloir aller les chercher et les amener en ag ; ce n’est pas la bataille du rail c’est la guerre ! »

« Étudiants, cheminots, même Macron, même combat »

La veille, dimanche 8, les cheminots grévistes avaient organisé un repas de solidarité dans la gare. Ils étaient 70, accompagnés pour certains de leurs proches et familles, à partager un moment très convivial sous le soleil. Lors de l’AG trois étudiants, de Tolbiac et l’université Paris 7, sont venus assister aux discussions et présenter leur solidarité, dans une logique de convergence des luttes. À Paris 1 au même moment les étudiants étaient plus de 1000 réunis en assemblée générale. Ils ont annoncé que les étudiants mobilisés de Paris 1 organisaient une fête de solidarité aux cheminots grévistes le samedi 14 avril, avec un concert et un repas, dans le but de renforcer les liens et de récolter des fonds pour la caisse de grève.

Après l’AG une partie des cheminots ont rejoint les gares de Paris Rive Gauche réunis à Montparnasse pour un départ commun vers le rassemblement devant Invalides.




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