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AP-HP : Des salariéEs reprennent le chemin de la grève

Publié le 14 octobre 2016

En mai 2015, les personnels de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris se mobilisaient contre la réforme du temps de travail voulue par le directeur général, M. Hirsch. Une bataille perdue en raison notamment de la signature de la CFDT, syndicat minoritaire. Perte de RTT, horaires de travail imposés, amplitude horaires augmentées devaient soi-disant sécuriser les plannings !

Source : https://npa2009.org/actualite/sante/ap-hp-des-salariees-reprennent-le-chemin-de-la-greve

Correspondante

Alors que cette « contre-réforme » s’applique depuis le 1er septembre, des salariéEs reprennent le chemin de la grève. Car cette maltraitance de la vie privée par le biais des plannings vient s’ajouter au sous-effectif chronique qui met en danger des personnels et des patientEs. Le ras-le-bol et/ou la détresse sont prégnants car les effectifs sont pour la plupart en dessous du seuil de sécurité, les vacances et RTT sont imposés et les horaires obligés.

Les premierEs à se mobiliser ont été les personnels de l’hôpital René-Muret qui depuis le 20 septembre sont en grève une demi-heure par jour. Ils ont réussi à s’inviter au conseil municipal de Sevran où ils ont pu prendre la parole.

Puis, le groupe hospitalier Henri-Mondor – cinq hôpitaux : Henri-Mondor, Albert-Chenevier, Emile-Roux, Joffre-Dupuytren, Georges-Clemenceau – a suivi. Le 27 septembre, quatre de ces hôpitaux organisaient à l’appel des syndicats SUD-CGT-FO soit une assemblée générale, soit une action de blocage, soit le dépôt d’un préavis de grève reconductible. À Emile-Roux, une grève reconductible a été décidée par l’AG de 200 personnes avec piquet de grève à la loge. Ils ont filtré l’entrée de l’hôpital avec distribution de tracts et une lettre aux visiteurs et familles. À Clemenceau, une cinquantaine de salariéEs se sont mobilisés, soutenus par plusieurs élus dont la maire. À Joffre-Dupuytren, 200 agents ont déposé un préavis de grève. À Chenevier, à l’appel de CGT, SUD et CFDT, plus de 200 grévistes ont bloqué l’entrée de l’hôpital. Seuls les patients handicapés, femmes enceintes et ambulances pouvaient passer.

Préparer la journée nationale du 8 novembre

Une action commune du groupe hospitalier a débuté par une opération escargot de l’hôpital Emile-Roux jusqu’à Chenevier. Puis le cortège s’est dirigé vers Mondor pour terminer par un blocage de l’A86 dans les deux sens, entre Limeil-Brévannes et Créteil.

Ces actions communes ont forcé l’intersyndicale centrale à réagir. Dans un communiqué de presse, elle demande de véritables négociations concernant le temps de travail et son organisation, l’abrogation de la réforme, la mise en place de véritables moyens humains et financiers afin d’appliquer une véritable réduction du temps de travail, la résorption des comptes épargne-temps avec les moyens à hauteur, la mise en stage de tous les contractuels et le respect de la vie privée en respectant les plannings et les roulements.

L’amplification de la mobilisation à tous les hôpitaux de l’AP-HP est indispensable pour retrouver un rapport de forces imposant nos revendications à la direction. Avec les révélations du Canard enchaîné sur la perte sèche de 80 millions d’euros liée à un bug informatique, et sur les salaires, les voyages en business class, les parachutes dorés des directeurs... gageons que les personnels aient ce sentiment d’injustice qui pousse à agir.

D’ores et déjà, à l’appel des fédérations de la santé CGT, FO et SUD, une journée de mobilisation et de grève nationale est prévue le mardi 8 novembre contre le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour l’amélioration des conditions de travail, davantage d’emplois, l’augmentation des salaires, le rejet de la loi de Santé et des groupements hospitaliers de territoire, et l’amélioration des conventions collectives.