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“L’ANC essaie d’effacer des mémoires l’histoire de la lutte pour l’émancipation”

APDUSA. Point de vue d’extrême gauche sur la situation politique en Afrique du Sud

En grande difficulté depuis plusieurs mois en raison de multiples scandales de corruption sur fond de tensions sociales, Jacob Zuma, le président Sud-africain, se trouve en grande difficulté. Au Parlement, une coalition de partis d’opposition, allant de la droite blanche à la gauche, tente de le pousser vers la sortie. De nouvelles mobilisations sont prévues mardi, dans les principales villes du pays. Militant d’APDUSA, organisation d’extrême gauche sud-africaine, Julian Sauls revient, pour RévolutionPermanente.fr, sur les contradictions actuelles de la situation.

Crédit photo : David Harrison, M&G

Révolution Permanente. De ton point de vue, que dit la crise actuelle en Afrique du Sud, crise qui affecte le gouvernement ainsi que le président en particulier ? Que dit cette crise de la nature de l’ANC et de ses relations avec le bloc social qu’il représente ? Autrement dit, « Zuma must fall » : est-ce que cela peut vraiment arriver ? Et si c’était le cas, quelle serait la situation qui pourrait s’ouvrir ?


Julian Sauls. Il faut partir d’un fait indéniable : le soutien dont bénéficie l’ANC est toujours plus restreint. En parallèle, le COSATU [la Confédération des syndicats d’Afrique du Sud, bâtie et unifiée dans le cadre de la lutte contre l’apartheid, l’un des trois piliers de « l’alliance tripartite » avec l’ANC et le Parti communiste, qui reste jusqu’aujourd’hui l’axe de gouvernement en Afrique du Sud] est touché par un processus de fragmentation et de déclin. Jacob Zuma use et abuse de sa position de Chef d’Etat pour éviter la prison. Il est entouré des dirigeants de l’ANC et des principaux membres du gouvernement, qui le soutiennent parce qu’ils sont eux-mêmes inscrits dans les mêmes réseaux clientélistes. La majorité du groupe parlementaire de l’ANC, lui, conserve également son appui. C’est tout cela, associé à des pouvoirs présidentiels étendus, qui rend compliquée une éviction de Zuma de l’ANC ou de la Présidence avant la fin de son mandat. Au sein de l’alliance tripartite (ou plutôt de ce qui reste de cette monstruosité politique bureaucratique), des voix s’élèvent néanmoins pour s’opposer à l’attitude de Jacob Zuma. Mais il est fort peu probable qu’elles se transforment en un courant suffisamment décidé pour le pousser dehors. Au contraire, ceux qui tenteraient d’aller dans ce sens risqueraient bien de se retrouver isolés et écartés des positions politiques influentes.

Ainsi, et étant donné le niveau de corruption, d’arrogance de classe et même de maladresse de la méthode de gouvernement de l’ANC, je ne crois pas que les dirigeants de cette organisation , ni la direction dans son ensemble, sachent réellement comment se sortir de la crise dans laquelle ils se trouvent. Tous les discours sur le renouvellement et la reconstruction de cette organisation – une organisation qui est devenue un véritable anachronisme historique – ne reviennent qu’à brasser de l’air. Et cela, en dépit de l’existence de larges secteurs de militants, pour qui le pouvoir de l’ANC est un facteur immuable après 23 ans sans défaite électorale. Aujourd’hui, les travailleurs et les classes populaires d’Afrique du Sud voient toujours plus l’ANC pour ce qu’elle est, une organisation de la minorité petite bourgeoise, qui gouverne en faveur des riches. Le feuilleton des liens entre la famille Gupta et Jacob Zuma [de riches industriels qui ont versé d’énormes pots de vin pour s’assurer notamment une influence sur les nominations réalisées par le Président Zuma, jusqu’à celles des Ministres] ainsi que de nombreux caciques et plusieurs organisations de la galaxie ANC, a libéré les critiques depuis différents secteurs de la société. Tout l’ANC est désormais entaché par ce scandale, et les diverses tentatives des dirigeants de l’ANC pour effectuer ce qu’ils ont appelé « l’auto-correction » de leur système n’aboutissent qu’à multiplier les conflits internes, la division et à accélérer un processus d’affaiblissement politique.


RP. Comment est-ce que tu caractériserais les manifestations massives contre Zuma qui ont eu lieu en Afrique du Sudet qui reprendront la semaine prochaine ? Quel est le rôle du Parti communiste (PCSA) et des syndicats, en particulier, en leur sein, le COSATU ainsi que la NUMSA [l’Union nationale des travailleurs de la métallurgie d’Afrique du Sud, poids lourd du mouvement ouvrier sud-africain avec près de 340 000 syndiqués et qui a retiré son soutien à l’ANC après le massacre des mineurs de Marikana en 2012] ?


JS. Ces importantes mobilisations sont dirigées par des organisations inscrites dans le jeu parlementaire, comme l’Alliance démocratique (AD) [Parti politique de centre-droit, libéral sur le plan économique, issu de la droite blanche de l’apartheid, né du regroupement de plusieurs courants et dont le score a explosé lors des élections législatives de 2014 où l’AD a obtenu 22% des voix. C’est aujourd’hui la principale opposition parlementaire au gouvernement], le Mouvement démocratique uni [Parti de centre droit, libéral, dont l’électorat est essentiellement situé dans l’ancien Bantoustan du Transkei, dont l’ancien leader est aujourd’hui le porte-parole du MDU] ou encore les Combattants pour la liberté économique [Organisation de gauche radicale dirigée par Julius Malema, ancien de l’ANC qui a rompu en 2013. Les CLE ont à leur programme une expropriation partielle des terres des grands fermiers blancs, la nationalisation des mines, ainsi qu’une série de revendications décoloniales], avec une participation d’éléments au sein de l’ANC ainsi que d’ONGs ou d’universitaires qui n’appellent aucunement à un changement de système, mais uniquement à un remplacement du Chef de l’Etat. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une offensive plus générale lancée par le principal représentant politique de la bourgeoisie sud-africaine, l’AD, pour éroder graduellement la base électorale dont bénéficie l’ANC. Ils animent ainsi également en ce moment une campagne qu’ils ont appelé #Change19, et dont l’objectif est de rapprocher de l’AD (voire d’y intégrer) les autres forces d’opposition de l’ANC, pour tenter de faire passer l’ANC sous la barre des 50% lors des prochaines élections nationales en 2019.

Récemment, les trois principales forces soutenant cette mobilisation se sont regroupées au sein d’une alliance assez lâche qu’ils ont appelé « Mouvement de la liberté ». Le Parti communiste et le COSATU restent, pour leur part, en dehors de ce mouvement de protestation, et ne souhaitent pas apparaître comme faisant cause commune avec l’opposition à l’ANC au parlement. Leur opposition à Jacob Zuma reste cantonnée à des prises de position lors de meetings politiques ou dans les médias, tout en se concentrant essentiellement sur le personnalisme du Président. Pour le comprendre, il faut tenir compte de la présence de membres du PCSA au gouvernement, certains ayant des postes de premier plan, comme le Ministre du commerce et de l’industrie ou encore celui de l’enseignement supérieur. C’est toute l’hypocrisie des dirigeants du PCSA, qui développent une critique légère de l’ANC et de sa direction tout en continuant à se positionner comme des instruments de l’application des politiques néolibérales concentrées dans le « Plan de développement national » [élaboré en commun avec les institutions financières internationales, ce plan aussi appelé « vision 2030 » est un condensé de politiques austéritaires, adoptées soi-disant pour « éradiquer la pauvreté d’ici 2030 »]. A l’échelon local, néanmoins, des tensions ont pu apparaître entre les membres de l’ANC et ceux du parti communiste ces derniers temps.


RP. Quels sont les liens (si tant est qu’il en existe, de ton point de vue) entre les mobilisations en cours et celles qui avaient explosé les années précédentes, d’abord avec la grande grève de Marikana, puis depuis 2015 avec le mouvement étudiant autour du slogan « Fees must fall » (« les frais de scolarité doivent baisser »).

JS. Il faut en effet réfléchir à l’évolution comprise dans cette dernière séquence. Le massacre des mineurs de Marikana en 2012 a vu se développer la popularité de l’Association des syndicats des mines et de la construction (AMCU), à laquelle appartiennent la majorité des mineurs de la région, au détriment de la NUMSA, qui est membre du COSATU. Dans la suite, le Mouvement socialiste démocratique, refondé en Parti socialiste et ouvrier (WASP), une formation d’extrême gauche trotskyste, s’est lancée dans les élections législatives de 2014 mais y a obtenu des scores très décevants. Leur pari était que le soutien qu’ils avaient apporté aux mineurs dans leur bataille contre le patronat des mines se transformerait en influence électorale, mais les choses ne se sont pas passées comme ça. Une campagne de solidarité avec les familles des mineurs assassinés et leur syndicat a également été menée. Mais l’enquête judiciaire menée sur le massacre de Marikana a abouti à un rapport qui, comme beaucoup l’avaient prévu, revenait à blanchir les commanditaires et les responsables de ce qui s’est passé, c’est-à-dire aussi bien la police que les patrons des mines et les représentants du gouvernement. Quand le phénomène « fees must fall » a fait son apparition parmi les gros-titres de la presse en 2015, Marikana était donc déjà sorti des radars.

L’Afrique du Sud sous l’ANC a déjà connu de nombreuses luttes, parfois puissantes, mais qui suivent toujours cet itinéraire. Elles s’amplifient jusqu’à atteindre un sommet et puis s’effondrent sans laisser de grande continuité. Tirer des leçons de chaque bataille, utiliser les luttes existantes pour aller plus loin en les faisant converger, voilà ce qui nous manque jusqu’à présent. Les mouvements sociaux ainsi que les syndicats sont incapables de constituer la direction et le plan de combat qui permettrait de dépasser cet état de fait. Ainsi, on a observé au sein du mouvement « fees must fall » une répétition de cette méthode de construction au jour le jour de la mobilisation. Et cette dernière a lentement dégénéré en querelles intestines sur les campus, entre différents secteurs de l’ANC et au sein des formations étudiantes comme le Congrès Panafricain ou les jeunes des Combattants pour la liberté économique, qui se disputent leurs « chasses gardées » et cherchent à gagner en influence contre les organisations traditionnelles liées à l’ANC. Des actions ridicules sont devenues courantes, jusqu’à donner lieu à des affrontements avec les travailleurs des campus et un isolement grandissant vis-à-vis de la masse des étudiants au nom desquels la lutte était pourtant menée. A côté de tout cela, il faut noter aussi de nombreuses luttes locales, à l’échelle des quartiers ou sur les lieux de travail, qui sont malheureusement restées isolées. Parmi elles, la victoire revendicative des travailleurs des grandes exploitations agricoles en 2016, qui ont obtenu une augmentation de salaire, est un exemple intéressant.


RP. Comment est-ce que tu caractériserais plus généralement les tensions sociales auxquelles le pays fait face près de 30 ans après la fin de l’apartheid ?

JS. Cela fait en effet 30 ans que l’ANC, le parti au pouvoir et ses partisans essaient d’effacer la mémoire collective. Le document publié sur notre site, « La lutte pour la démocratie continue », explique ce que signifiait la fin formelle de l’apartheid pour l’Afrique du Sud. Toute l’absurdité politique, tout le discours creux sur une « nouvelle Afrique du Sud » et « la transformation de la société » se révèle aujourd’hui pour ce qu’il est réellement.

Quand nous parlons de « tensions sociales », alors nous parlons des conflits de classe et des problématiques sociales associées qui en découlent. Il faut noter d’emblée que la « transition élitiste », selon les mots d’un commentateur politique pour décrire le compromis politique de 1992, doit être revue tout comme les 100 ans qui le précèdent. On doit notamment s’interroger sur l’idée que l’ANC « a mal tourné après 1994 ». Il est en effet triste d’entendre ou de discuter avec des dirigeants et des membres de l’ANC aussi ignorants des événements historiques. Leur direction n’hésite pas à déformer l’histoire de la lutte pour l’émancipation en se l’appropriant. Un seul exemple suffit pour le démontrer : dans l’un de nos bulletins, on explique comment l’ANC a détourné l’adhésion d’un combattant de la liberté, Liwise Landle, pour le présenter comme étant, non pas membre de l’APDUSA, mais de l’ANC. Il me semble important pour vos lecteurs d’y réfléchir. Le président, qui rendait hommage à Steve Biko, en est un autre exemple plus récent. Vous n’avez qu’à interroger les membres de l’Organisation du Peuple Azanien (AZAPO) ou du Mouvement de Conscience noire sur cette anomalie historique. Cela démontre jusqu’à quel point la direction actuelle de l’ANC est la continuation de la direction historique de l’ANC. La réalité est que les membres de l’ANC n’apprennent pas la vraie histoire de la lutte pour la liberté en Afrique du Sud.

La profondeur de la crise sociale pour des millions de personnes ne préoccupe pas les dirigeants de l’ANC. L’ANC et le gouvernement justifieront bien entendu leurs actions sur la base des déclarations de principe et des modèles macro-économiques qui se sont avérés défaillants. Ils maintiennt les programmes GEAR (Growth, Employment and Redistribution) et NDP (National Development Plan). Ils brandissent la bannière du principe de la majorité parlementaire dont ils sont les principaux bénéficiaires. Bien entendu, disposer de la majorité est futile si la classe ouvrière et la paysannerie sans terre ne profitent pas des politiques gouvernementales.

La grande question est de savoir quelles alternatives existent. Clairement, les partis qui prônent les mêmes programmes ou des programmes similaires à ceux de l’ANC finiront eux aussi dans la même situation que l’ANC. Parmi eux, il y a l’aile droite de l’Alliance démocratique (DA) et ses larbins qui voient ainsi se profiler des opportunités politiques et électorales et qui dépassent leurs progrès déjà enregistrés lors des élections municipales en 2016. Les perspectives électorales des Combattants pour la liberté économique (EFF) sont étroitement liées aux manœuvres auxquelles ils sont habitués. En anticipation des élections parlementaires nationales de 2019, toutes sortes d’alliances et de coalitions se préparent. Les actions de protestation ne constituent, dans ce sens, que ses préparatifs. Le radicalisme se manifeste à nouveau : les fractions du parti au pouvoir ont recours à la violence, les assassinats politiques sont à l’ordre du jour dans la province du KwaZulu-Natal et, dans une moindre mesure, dans la province du Cap du Nord. Cette situation peut à tout moment s’aggraver.

En ce qui concerne le monde du travail, les grèves de l’an dernier ont surtout eu lieu dans l’industrie et portent, dans la majorité des cas, sur des questions salariales. Dans ces grèves, la gauche contribue à encourager les questions économistes et politiques. Le sectarisme politique est un problème contre lequel il faut toujours lutter. La perte d’influence du COSATU et l’émergence de nouveaux syndicats posent une série de problèmes politiques intéressants. L’un de ces problèmes consiste à savoir jusqu’à quel point l’essence politique de la direction syndicale sera tout simplement transplantée du COSATU aux nouveaux syndicats et fédérations. Une autre question est de savoir si la gauche trotskiste et d’autres courants d’extrême-gauche auront l’espace organisationnel et politique pour présenter leurs positions politiques. Cela crée un environnement de contestation politique continue. La SAFTU, South African Federation of Trade Unions, centrale alternative à COSATU, a été officiellement créée en avril 2017, et compte environ 700 000 membres. Il reste à savoir comment elle se différenciera du COSATU. Zwelinzima Vavi (l’ancien secrétaire général du COSATU) est l’un de ses dirigeants. Il a été et continue à être un remarquable opportuniste.


RP. Est-ce que tu pourrais expliquer la position d’APDUSA à ce stade ? Comment intervenez-vous ? Quels sont les mots d’ordres politiques que vous avancez ?


JS. Notre intervention se fait à de multiples niveaux. D’abord, au niveau des engagements directs avec les organisations impliquées dans des fronts et des coalitions. D’anciens militants d’APDUSA sont membres du COSATU et ce lien nous est utile pour pouvoir adresser nos messages directement aux membres du COSATU. Récemment, nous nous sommes engagés dans le front unique initié par la NUMSA et nous avons tenté de mettre en avant une nouvelle perspective politique, surtout autour de la question des programmes politiques à la fois passés et présents. Ce front unique a échoué aux élections locales de 2016. S’il existe encore, la direction de la NUMSA le contrôle étroitement. Cette direction s’accroche à la Charte de la liberté, ou plus précisément à une « interprétation radicale de la Charte de la liberté ». Il reste à voir si la fondation de la SAFTU conduira à un changement de prise de position politique au sein de la direction. Cela s’applique également à la formation éventuelle d’un nouveau parti ouvrier.

Nous participions également au Democratic Left Front (DLF). L’ordre du jour habituel dans le DLF consiste en général en une série de rapports sur les luttes sociales et économiques en cours ainsi que l’intervention du DLF dans ces luttes. Nous agissons aussi avec en lien avec les structures du Congrès panafricain (PAC) avec l’idée d’aller vers une collaboration organisationnelle plus large. Ces liens et engagements organisationnels varient évidemment de région en région. Dans la province du Gauteng, nous militons à l’intérieur d’un syndicat indépendant, GIWUSA (The General Industries Worker’s Union of South Africa). Ce syndicat tente de renforcer sa présence nationalement. En 2012, une grève nationale majeure dans l’industrie pétrolière a vu une collaboration étroite entre ce syndicat et des syndicats affiliés au COSATU.

Au niveau des luttes étudiantes en cours, notre participation a révélé plusieurs choses. D’abord, l’ANC, notamment son organisation de jeunesse, la PYM, a pris la tête du mouvement fin 2015 ; la direction de ce mouvement est politiquement à la dérive ; les vrais problèmes des étudiants en difficulté financière ont été balayés et leurs revendications supplantées par des revendications qui ne peuvent pas propulser le mouvement. Par exemple, certains étudiants apportaient un soutien de pure façade aux luttes des travailleurs des universités ; concrètement, ils faisaient très peu pour promouvoir cette collaboration. Les procès des étudiants arrêtés (pour soi-disant violence) ont fait la une de la presse. Actuellement, l’attention est portée sur des questions plus « corporatistes », propres aux étudiants, comme le logement. Pour APDUSA, la formation politique de la jeunesse est donc une tâche fondamentale.

Nous organisons régulièrement des discussions politiques et des réunions publiques pour faire de la propagande et renforcer notre organisation et pour contrer le poison politique administré aux travailleurs et aux jeunes par le parti au pouvoir, les ONG et toutes les forces (les médias dominants par exemple) dont la raison d’être est la défense du statu quo. Ces réunions tentent de lier la situation actuelle aux leçons majeures de l’histoire de la classe ouvrière internationale. En ce sens, notre école de cadres biannuelle constitue un outil organisationnel important. Dans ces discussions, nous insistons sur la nécessité de développer une compréhension de l’importance de la lutte programmatique et de l’application des revendications politiques transitoires dans les luttes auxquelles nous participons ; sur l’importance de l’indépendance de la classe ouvrière dans ses luttes, pour son émancipation et celle de ses alliés ; sur l’importance, aussi, de forger une unité dans la lutte ; et sur d’autres questions comme la lutte contre le sectarisme.

Nous faisons également de la propagande afin de faire avancer les idées des membres de la base des syndicats, des organisations politiques comme l’ANC, la PAC et l’EFF, et d’autres groupes issus de l’extrême-gauche. En Afrique du Sud, les groupes d’extrême-gauche semblent faire très peu de propagande politique, du moins visiblement. Ils semblent se contenter de la faire sur les réseaux sociaux uniquement. Ce n’est pas du tout acceptable : la diffusion de nos idées sur les réseaux sociaux n’est qu’une manière parmi d’autres de faire de la propagande. Notre lettre d’information vise à soulever les questions politiques, économiques et sociales brûlantes. Nos militants écrivent eux-mêmes les articles. Nous visons sans cesse à mettre en lumière les luttes des travailleurs et des paysans dans la mesure du possible. Nous invitons les travailleurs qui ne sont pas membres à contribuer en écrivant eux aussi des articles sur leurs propres luttes. Ces articles sont distribués en papier, mais aussi de manière électronique. Vu les réponses que nous recevons de la part des lecteurs de notre site, nous pensons que nos idées se diffusent avec un certain succès.


Propos recueillis par Jane Mitchell. Trad. GL et IM




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