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SNCF Privatisation du rail

Accident ferroviaire en Allemagne : collision entre deux trains. 2 morts et 14 blessés

Un train de voyageurs est entré en collision avec un train de marchandises à quelques centaines de mètres avant la gare de Aichach, indique le groupe ferroviaire Deutsche Bahn (compagnie des chemins de fer allemand), alors que les deux trains étaient sur le même voie ferrée. La compagnie ferroviaire se garde bien de donner plus amples informations sur les circonstances de l'accident faisant deux morts et 14 blessés.

image : Les deux personnes tuées dans cet accident entre un train régional et un train de marchandises sont un conducteur et une passagère.@ CHRISTOF STACHE / AFP

Le réseau ferroviaire allemand, un « modèle » pour le gouvernement Macron

La compagnie allemande, la Deutsche Bahn (DB), a subi la privatisation depuis 20 ans, en 1994, peu après la réunification entre la RFA et la RDA. L’unification a été une aubaine pour engager une profonde mutation du système ferroviaire : ouverture à la concurrence, privatisation partielle et dégradation des conditions de travail et de circulation pour les usagers.

Aujourd’hui, DB conserve le monopole sur les grandes lignes mais les lignes régionales sont passées sous contrat privé. Il existe en Allemagne 450 entreprises de transport ferroviaire.

Ainsi, pour être rentable et attirer sur le marché privé, suite à la réforme du rail allemand, 130 000 emplois sont supprimés passant d’un effectif de 350 000 cheminots à 220 000.

La réforme a également eu des répercussions importantes sur le statut des salariés car les entreprises privées embauchent sous contrat de droit privé. Ainsi, le statut de fonctionnaire cheminot est supprimé pour les nouveaux entrants. Les salariés sont moins payés, le temps de travail s’est allongé et les pressions des chefs ont augmenté.

Pour les usagers, la galère s’est aussi installée. Nombreux sont les allemands à se plaindre des retards excessifs, des ruptures de stock régulière de nourritures dans les wagons, des prix excessifs et surtout du manque de personnel. « Ils connaissent des problèmes en toute saison ! Pendant des décennies, les investissements dans nos infrastructures ferroviaires ont été négligés et les effectifs si drastiquement réduits que les trains allemands ont perdu tous leurs avantages sur les autres modes de transport », explique Claus Weselsky, président du GDL (syndicat allemand) dans une interview donnée à Marianne au sujet du réseau allemand.

Comment assurer une sécurité optimale des rails et des trains avec un personnel insuffisant et devant travailler dans des cadences infernales ?

La privatisation du rail est responsable de catastrophes mortelles

L’accident qui vient de se produire n’est pas isolé en Allemagne. Dernièrement, en décembre 2017, un conducteur de train de passagers a freiné d’urgence pour tenter d’éviter un train de marchandises à l’arrêt. Cet accident a fait 50 blessés. En 2016, une collusion entre deux trains sur la ligne entre Rosenheim et Holzkirken a fait 11 morts et une centaine de blessés. Nous pourrions multiplier les exemples d’accidents de ce type en Allemagne mais aussi dans les pays où la privatisation a été mise en place notamment en Grande Bretagne ou en Italie. En effet, les accidents mortels à répétition sont inévitables quand les travailleurs sont soumis à des cadences infernales, à des pressions et lorsque la recherche de profit prime sur la sécurité.
Dans les pays où elle est appliquée, la privatisation n’a rien apporté si ce n’est dégradation des conditions de travail pour les cheminots, augmentation des accidents sur les voies ferrées et de l’argent pour les actionnaires. C’est pourquoi, gagner la « bataille du rail » en France est essentiel pour toute la population en France.




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