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Tensions géopolitiques

Accord iranien : les Etats-Unis menacent Téhéran avec 12 nouvelles conditions

Ce lundi 21 mai, Mike Pompeo, l’ancien directeur de la CIA et actuel secrétaire d’Etat nord-américain, a énuméré 12 conditions drastiques pour conclure un nouvel accord avec l’Iran et a menacé le pays avec les sanctions les plus sévères depuis 40 ans. Mais que signifie ce geste agressif de la part de Washington ?

Dans un moment où l’hégémonie mondiale des États-Unis est en recul, il n’est pas étonnant d’assister, depuis quelques mois, à une offensive inédite de l’impérialisme nord-américain sur plusieurs fronts à l’échelle mondiale : les pressions en Amérique Latine, les agressions continues et croissantes vis-à-vis de Moscou, les pressions fiscales sur l’Union Européenne concernant l’acier et l’aluminium ou encore le conflit commercial avec la Chine.

Dans ce contexte de friction géopolitique, le chef de la diplomatie nord-américaine et ancien directeur de la CIA, Mike Pompeo, énumérait ce lundi 12 conditions drastiques pour conclure un nouvel accord avec l’Iran tout en menaçant le pays avec les sanctions les plus dures depuis 40 ans. En effet, depuis que les Etats-Unis se sont désengagées de l’accord conclu en 2015 avec le Royaume Uni, l’Allemagne, la France, la Chine et la Russie sur le programme nucléaire iranien, Washington peut agir à l’encontre de Téhéran en dehors de toute contrainte et de façon unilatérale.
Mike Pompeo, qui a justifié le récent désengagement des Etats-Unis de l’accord pour des raisons de sécurité mondiale, a présenté ce lundi « une feuille de route diplomatique » afin de convaincre les européens et les autres alliés de contraindre l’Iran à revenir à la table des négociations. Tel que le suggérait le secrétaire de l’Etat nord-américain : « Nos demandes à l’Iran ne sont pas déraisonnables : renoncez à votre programme ».

Pourtant, le programme unilatéral présenté par la superpuissance après s’être retiré de l’accord, n’a convaincu aucun des acteurs internationaux.

Selon l’administration républicaine étasunienne, pour conclure un nouveau accord avec l’Iran, l’Iran devrait cesser tout enrichissement d’uranium et fermer son réacteur à eau chaude ; donner aux inspecteurs internationaux accès sans conditions à tous les sites du pays ; mettre fin à la prolifération de missiles balistiques et aux tirs ou développement de missiles à capacité nucléaire ; se retirer de Syrie et arrêter de soutenir les conflits de la région (Yémen) ainsi que l’Hezbollah ou d’autres groupes palestiniens ; ou arrêter de menacer des pays voisins comme Israël ou l’Arabie saoudite.

Ce sont quelques-unes des 12 conditions soit-disant « raisonnables » ou « basiques » qui ont été annoncées par la Maison Blanche. Or, les Etats-Unis, ou n’importe quelle autre nation se voulant souveraine, seraient-ils prêts à accepter la suspension de ses programmes militaires ? Les Etats-Unis seraient-ils prêts à arrêter de soutenir l’Etat d’Israël ? Seraient-ils prêts à abandonner toute investigation sur la question nucléaire ou à accepter que des inspecteurs internationaux aient accès sans conditions à tous les sites du pays ?

Face à ces conditions, il n’est pas surprenant, que Hassan Rohani, président de la République islamique de l’Iran, ait dénoncé le geste nord-américaine comme un acte d’ingérence impérialiste qui va produire des fortes tensions internationales.
En effet, Mike Pompeo, après avoir menacé l’Iran avec une « pression financière sans précédent », d’appliquer « les sanctions les plus fortes de l’Histoire » qui feraient que l’Iran devrait « se battre pour maintenir son économie en vie », a prévenu ses alliés, notamment européens, que les entreprises qui feront affaire en Iran dans des secteurs interdits par les sanctions américaines « seront tenues responsables » et seront elles mêmes sanctionnées.

Ces mesures agressives de l’administration Trump, outre chercher à faire mettre un genou à terre au concurrent régional du Golfe et d’Israël, visent à faire plier l’Union Européenne dans les négociations sur les taxes sur l’acier et l’aluminium tout en entravant l’ouverture du marché iranien au capital européen, notamment allemand et français.




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